C’est à la une de tous les journaux du pays. Les révélations du Financial Times concernant des menaces iraniennes contre des cibles en Europe ont sonné l’alerte à Athènes. Selon le quotidien britannique, Téhéran étudie en effet, en cas d’escalade du conflit, “la possibilité de déployer des missiles balistiques à moyenne portée contre des cibles américaines dans le sud et le sud-est de l’Europe”.

“Un véritable marathon militaire et diplomatique se déroule depuis quelques heures”, assure donc le quotidien grec Ta Nea. Le journal de centre droit propose en première page une carte montrant les rayons de portée des missiles iraniens. Aucun doute, “la Grèce est aussi est dans le viseur”, s’alarme le journal.

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“Les révélations contraignent l’état-major général de la défense nationale à redéployer immédiatement des unités. La proximité géographique de la Grèce avec la ligne de front de la crise, puisqu’elle se trouve à portée des missiles iraniens, et son rôle crucial dans le soutien aux alliés transforment les avertissements théoriques en scénarios opérationnels de niveau de préparation maximal”, précise le journal.

Rempart occidental

La Grèce, qui accueille plusieurs bâtiments militaires américains, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, joue un rôle d’allié dans les manœuvres de l’armée américaine.

Souda, en Crète, “constitue l’infrastructure américaine et de l’Otan la plus critique en Méditerranée orientale, et sa protection contre d’éventuelles frappes iraniennes à longue portée ou attaques de drones est une priorité absolue non seulement pour Athènes, mais aussi pour le Pentagone”, assure le quotidien grec.

Lorsque Chypre a été touchée en mars par un drone, Athènes avait déployé deux avions de chasse et deux frégates au large de l’île, puis un système de défense antiaérien en Bulgarie, symbole de son implication dans la défense européenne.

“Athènes envoie un message clair : le pays dispose des moyens, du sang-froid et de la volonté politique nécessaires pour protéger ses infrastructures, soutenir ses alliés et constituer le rempart occidental contre toute tentative de déplacement de la crise moyen-orientale sur le sol européen”, veut croire Ta Nea.