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Dans les Pyrénées-Orientales, les victoires de l’extrême droite aux municipales menacent la mémoire locale et le récit historique

Les victoires du RN à Rivesaltes et d’un candidat aux convictions pétainistes à Elne, lors des élections des 15 et 22 mars, ont renforcé les attaques contre plusieurs sites mémoriels dans un territoire bouleversé par l’arrivée des républicains espagnols puis des rapatriés d’Algérie.

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Dans les Pyrénées-Orientales, les victoires de l’extrême droite aux municipales menacent la mémoire locale et le récit historique

Par Corentin Lesueur (Elne, Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), envoyé spécial)
Publié aujourd’hui à 19h00

Temps de Lecture 7 min.

Célia Garcia a peur que sa mémoire l’abandonne. Un mot péniblement articulé, une tasse à café sortie du placard au lieu de deux, un nom de commune envolé, et la voilà qui craint de ne plus pouvoir raccommoder les fils de l’histoire familiale. La comptable à la retraite, âgée de 85 ans, raconte pourtant sans peine, mardi 19 mai chez elle, à Toulouges (Pyrénées-Orientales), la fuite en France de ses parents, républicains espagnols, en 1939 ; leur séparation au gré des internements ; la misère des camps ; son père revenu détruit d’une usine militaire en Allemagne ; une enfance où l’« on ne parlait pas de ça à la maison, parce que papa trouvait inutile de parler de ce qui a fait mal ».

Et puis sa naissance à elle, à Elne, le 14 février 1941, dans le château d’En Bardou, une grande bâtisse Art nouveau au milieu des champs et transformée pendant la guerre en maternité d’urgence par Elisabeth Eidenbenz, une institutrice suisse devenue pionnière de l’humanitaire puis Juste parmi les nations. Si Célia Garcia a peur que sa mémoire l’abandonne, c’est qu’elle craint que ce dernier chapitre de l’histoire ne tombe dans l’oubli. Celui de « Madame Elisabeth » et de la maternité où des centaines d’enfants sont nés entre 1939 et 1944, de mères espagnoles, juives ou tsiganes enfermées dans les camps de la région.

Sorti de plusieurs décennies d’amnésie collective au début des années 2000, le site a été racheté par la commune en 2005 et abrite un musée. Classé monument historique en 2013, le château devait bénéficier d’une restauration consolidant sa structure, minée par le temps et la sécheresse ; un chantier à plus de 4 millions d’euros prévu dès avril. Mais, trois semaines avant l’arrivée des engins, Steve Fortel a remporté la mairie, le 22 mars.

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