La poussière s’élève sous le trot des chevaux montés par les hommes et les femmes qui pénètrent dans l’enceinte de la vaquejada [le rodéo traditionnel], l’air grave, comme s’ils participaient à une procession. Ils sont venus des villes des environs jusqu’à Serrita, dans le sertão [le désert semi-aride] du centre du Pernambouc [nord-est du Brésil] pour participer à la “messe du cow-boy”.
Cette cérémonie, qui unit religiosité et culture rurale, célèbre la mémoire de Raimundo Jacó, vacher assassiné en 1954 alors qu’il cherchait une bête égarée. Le crime est demeuré impuni. Tandis que les haut-parleurs diffusent A Morte do Vaqueiro [“La Mort du cow-boy”], une célèbre chanson de Luiz Gonzaga, Alberto Júnior, 29 ans, juché sur son cheval, hoche la tête, les yeux fermés, et discute politique à voix basse.
Si le vacher reconnaît l’héritage de Luiz Inácio Lula da Silva (Parti des travailleurs, PT), qui vient lui aussi du Pernambouc, il parle du pays avec désenchantement. Lors des élections d’octobre, il va essayer une autre voie : Renan Santos (Missão, [extrême droite]) qu’il a découvert par des vidéos sur Internet.
Ce choix va à contre-courant de celui de nombre de ses concitoyens, qui demeurent des lulistes convaincus. Et il représente un défi pour le président actuel, qui s’emploie à
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