David Hockney, qui vient de s’éteindre à 88 ans, est de loin l’artiste britannique le plus populaire du XXe et du XXIe siècle, et ses œuvres continueront d’être appréciées bien après notre disparition.

C’était un artiste de génie, évidemment, mais également une forte personnalité. Dessinateur virtuose, il flirtait déjà avec la célébrité au Royal College of Arts [de Londres] au début des années 1960 : pour se démarquer lors de sa remise de diplôme, il se teint les cheveux en blond platine et s’achète une veste en lamé doré.

Quand je l’ai rencontré dans son studio de Kensington [un quartier du centre de Londres] à l’automne dernier, il m’a reçu en fauteuil roulant. Il avait l’air très fragile, mais sa vivacité d’esprit était intacte. Et s’il a pu par moments se complaire dans une certaine nostalgie, à l’évocation des souvenirs de son enfance à Bradford (la ville [du Yorkshire] où il a grandi, dans une famille modeste, et où il était le quatrième d’une fratrie de cinq), il n’avait rien perdu de sa personnalité et de son entrain (“Ça vous dérange si je fume ?” m’a-t-il demandé, à peine étais-je arrivé).

Charisme détonant

Pour avoir une idée du charisme de Hockney, il suffit de regarder la séquence de fin du célèbre documentaire de la BBC réalisé par Ken Russell, Pop Goes the Easel (