[Cet article initialement publié le 23 septembre 2026 a été republié le 29 octobre]

À l’ombre de platanes à Marseille, Jade Delahaye, 29 ans, café à la main, retrace pour Le Devoir son parcours des six dernières années : son installation à Montréal en pleine pandémie, ses débuts professionnels après avoir étudié à l’École de design de l’université du Québec à Montréal et sa rencontre avec son conjoint québécois… Mais en août 2025, cette Provençale s’ennuie de sa famille et souhaite rentrer dans son pays. Sa famille lui manque et elle fait un choix qu’elle qualifie de “déchirant”.

‘‘Dégoûtée’’

Diplômée au Québec, forte de quelques années d’expérience sur le marché du travail local, Alice est rentrée en France en juillet après sept ans passés à Montréal. Cette graphiste originaire de la région parisienne, qui préfère taire son nom de famille, était lasse de devoir attendre pour obtenir le certificat de sélection du Québec, obligatoire pour sa résidence permanente. Elle a reçu depuis ce précieux sésame, mais trop tard, dit-elle : “Ça m’a dégoûtée de ne pas me sentir plus légitime ou désirée que n’importe qui.”

À lire aussi : Démographie. Le déclin de la population canadienne attribué aux nouvelles règles en matière d’immigration

Le resserrement des conditions d’immigration dans la Belle Province, avec l’abolition du Programme de l’expérience québécoise en novembre 2025 – relancé en juillet dernier –, crée un “climat chaotique” pour les nouveaux venus, affirme l’avocat d’origine française Paul Vigneron. Le journal explique : “Les détenteurs d’un permis vacances-travail ou d’un permis jeunes professionnels, les étudiants étrangers, les travailleurs étrangers temporaires et leurs conjoints sont, eux, toujours soumis à des règles resserrées.”

Retrouvez l’actualité des expatriés chaque semaine