C’est un triomphe pour l’extrême droite française, constate le quotidien allemand Tagesspiegel. L’une des revendications qu’elle porte depuis des années va probablement devenir loi – sans même qu’elle soit au gouvernement.”

Mardi 7 juillet, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre lorsque ses membres font usage de leur arme. Porté par le député Les Républicains Éric Pauget et soutenu par le gouvernement ainsi que par l’alliance Rassemblement national-UDR, le texte doit désormais passer par le Sénat, “dominé par une coalition du centre et de la droite”.

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Si la loi est définitivement adoptée, “la victime ou ses proches devront prouver que les tirs ne respectaient pas les règles prévues par la loi”, explique la journaliste allemande Andrea Nüsse, qui précise qu’une enquête ne sera plus systématiquement ouverte afin de déterminer le déroulement exact des faits. Le journal de centre droit, qui est l’un des seuls titres de la presse internationale à s’être intéressé au sujet, s’est entretenu avec le politologue Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS et expert des questions policières.

Contraire à la Constitution ?

Ce dernier estime que le texte va à l’encontre de plusieurs principes de l’État de droit. “Désormais, tout le monde n’est plus égal devant la loi – les policiers sont plus égaux que les autres, a-t-il affirmé au Tagesspiegel. On part du principe qu’ils ne peuvent pas se tromper.” Ce qui contrevient au principe d’égalité inscrit dans la Constitution, le droit européen et la Déclaration des droits de l’homme de 1789, poursuit le quotidien berlinois.

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