Les organoïdes cérébraux sont des petits amas sphériques de cellules nerveuses cultivés in vitro, ne dépassant guère 5 millimètres de diamètre. Ces dernières années, ils ont fait irruption dans les laboratoires étudiant le fonctionnement, tant normal que pathologique, du cerveau. L’une des limitations de ce modèle, développé à partir de cellules humaines adultes reprogrammées, était jusque-là sa faible longévité – généralement quelques mois. Une durée trop courte pour permettre la pleine différenciation des cellules nerveuses à partir d’un noyau de cellules dites « progénitrices ». Cela réduisait de fait les parallèles qui pourraient être faits avec le développement du cerveau humain in utero, et plus encore après la naissance.
Une étude publiée le 20 août dans Nature suggère cependant que la barrière du temps peut être surmontée, ouvrant de nouvelles perspectives aux organoïdes cérébraux comme outils de recherche fondamentale, mais aussi pour explorer des pistes thérapeutiques. Paola Arlotta (université Harvard, Massachusetts Institute of Technology) et ses collègues décrivent comment ils sont parvenus à en cultiver pendant plus de cinq ans. Ils montrent que ce temps de maturation a permis aux cellules nerveuses de se différencier et de présenter un profil d’activité assez similaire à celui de leurs homologues du même âge, dans la vie réelle.
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