« Andrea Orcel, cherchez-vous d’autres terrains de jeu ! Nous ne voulons pas de vous ! » Le message, lancé en italien par un salarié de Commerzbank devant les actionnaires de la banque réunis en assemblée générale (AG), mercredi 20 mai, a déclenché un tonnerre d’applaudissements au palais des congrès de Wiesbaden (Hesse), en Allemagne. L’homme s’adressait au patron de la banque italienne UniCredit, qui cherche à prendre le contrôle de sa concurrente de Francfort.
Rarement on avait vu autant d’animation lors d’une assemblée générale, autant de cohésion affichée par les salariés vêtus du jaune Commerzbank pour soutenir leurs dirigeants, longuement acclamés à chaque prise de parole. La séquence était soigneusement organisée : Commerzbank tente le tout pour le tout pour maintenir son indépendance.
Le moment est crucial. Début mai, UniCredit a déposé une offre d’échange d’actions volontaire, afin de convaincre les actionnaires de Commerzbank de lui céder leurs titres, en échange d’une prime. L’offre devrait rester ouverte jusqu’au début juillet. La très rentable banque italienne, entrée au capital en septembre 2024 à la suite d’une vente d’un paquet d’actions par l’Etat allemand, détient officiellement près de 30 % du capital et veut étendre ses parts, afin de former un grand établissement paneuropéen capable de rivaliser avec la concurrence américaine. Mais depuis dix-huit mois, la patronne de Commerzbank, Bettina Orlopp, mène une vigoureuse contre-offensive.
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