Les émissaires de Donald Trump, l’homme d’affaires Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner, ont rencontré samedi à Moscou Vladimir Poutine, “première étape d’un voyage qui les mènera également à Kiev pour tenter de réactiver les pourparlers de paix”, au point mort “depuis le début de l’année”, résume El País.
Selon des images diffusées par la télévision russe, le président russe a accueilli ses visiteurs avec prudence, déclarant : “La situation à laquelle nous devons faire face aujourd’hui n’est assurément pas simple”, rapporte The New York Times. Mais il a également “témoigné de la chaleur des relations avec la Maison-Blanche”, ajoutant : “Permettez-moi d’adresser mes meilleurs vœux et mes remerciements au président des États-Unis, M. Trump”.
Discussions à huis clos
Les discussions, qui se sont tenues à huis clos dans la résidence officielle de Poutine, au cœur de la capitale russe, ont débuté à 20 heures (heure locale) et ont duré trois heures, selon les médias d’État russes.
“Les détails commencent tout juste à filtrer”, mais le conseiller de Vladimir Poutine, Iouri Ouchakov, a qualifié les discussions de “constructives” et “extrêmement franches”, écrit la BBC. “Les représentants américains se sont minutieusement préparés pour ce déplacement. Ils ont non seulement réitéré leur intérêt habituel pour une fin rapide des hostilités, mais ils ont également présenté un certain nombre d’idées sur les voies possibles menant à un règlement”, a-t-il ajouté.
La Maison-Blanche a affirmé pour sa part que Witkoff et Kushner avaient discuté de “plans substantiels pour les prochaines étapes [en Ukraine], qui seront annoncés dans les semaines à venir”, et s’attendaient à “des réunions tout aussi productives” avec la partie ukrainienne.
Cette mission diplomatique “constitue la première initiative majeure visant à relancer les négociations depuis l’échec des pourparlers trilatéraux à Genève, à la mi-février 2026”, Trump ayant assuré vendredi que ses négociateurs présenteraient aux belligérants “une proposition concrète visant à mettre fin à la guerre”, observe The Kyiv Post.
Le contenu de cette proposition n’a pas été divulgué par la Maison-Blanche mais le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, “a nié qu’il s’agisse d’un nouveau plan”, relève Il Corriere della Sera. “Il n’est pas question de nouvelles idées”, a-t-il déclaré, saluant néanmoins “la bonne volonté des Américains” dans leur rôle de médiateurs.
S’il est permis de douter du succès de ces discussions – les positions de Moscou et de Kiev semblant toujours aussi irréconciliables –, elles ont néanmoins un effet concret sur le terrain.
Vladimir Poutine a en effet “ordonné aux forces russes de ne pas frapper Kiev pendant trois jours”, observe The Kyiv Independent. Et “peu après, à la suite d’un entretien téléphonique avec la partie américaine”, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine était prête, elle aussi, “à s’abstenir de frapper Moscou, avec effet immédiat et jusqu’à la fin de la journée du 7 septembre”.
Première visite de Kushner et Witkoff en Ukraine
Les émissaires américains ont quitté Moscou juste après leur rencontre avec Vladimir Poutine et se sont envolés pour la Pologne, d’où ils devaient regagner Kiev dimanche matin.
Kushner et Witkoff n’ont pas mis les pieds en Ukraine depuis le début de la guerre et leur déplacement à Kiev “constituera la visite de plus haut niveau effectuée par des responsables américains en Ukraine depuis le début du second mandat du président Trump”, souligne Axios.
Ils y rencontreront Volodymyr Zelensky, qui a précisé samedi que “le programme des entretiens diplomatiques prévus demain à Kiev, auxquels participera l’équipe américaine, [avait] été approuvé. Nous attendons Steve Witkoff et Jared Kushner et sommes prêts pour une discussion de fond”, a-t-il déclaré, cité par la BBC.
Pour The New York Times, cette nouvelle offensive diplomatique “fait suite à une évolution de la dynamique du conflit”. Depuis le mois d’avril, observe le quotidien américain, “l’Ukraine a lancé une campagne visant les infrastructures russes de carburant et de logistique, rapprochant ainsi la guerre du quotidien des citoyens russes”.
Quant à la Russie, elle a “tiré parti de l’épuisement des stocks d’intercepteurs de défense aérienne ukrainiens, ce qui lui permet de frapper davantage de cibles à travers le pays et rend la vie quotidienne à Kiev de plus en plus dangereuse”.
Mais si les deux parties ont un intérêt évident à mettre fin aux hostilités, “la guerre semble bien loin d’une résolution”, constate le titre new-yorkais.
Avant même que les émissaires américains n’atterrissent à Moscou, M. Peskov rappelait en effet que “la Russie continuerait d’exiger le retrait des troupes ukrainiennes des régions de Donetsk et de Louhansk avant tout cessez-le-feu, ce que Kiev refuse de faire”, souligne Il Corriere della Sera.
Un drone frappe le siège des services de sécurité ukrainiens pour la première fois
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