A 58 ans, Dmitri Bykov est un électron libre, considéré comme l’un des principaux intellectuels russes de sa génération. A la fois écrivain et poète, journaliste et professeur de littérature, mais aussi polémiste et militant, il remplissait des salles immenses à Moscou. Il a été l’un des leaders du monde culturel mobilisé lors des manifestations anti-Kremlin de 2011 et 2012. Il avait lancé le projet « Poète citoyen » : il écrivait des poèmes satiriques parodiant les grands classiques russes tels qu’Alexandre Pouchkine (1799-1837) ou Nikolaï Nekrassov (1821-1877), et les auteurs-compositeurs comme Boulat Okoudjava (1924-1997) et Vladimir Vyssotski (1938-1980).
M. Bykov a quitté la Russie en septembre 2021, cinq mois avant l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes. Il vit désormais en exil aux Etats-Unis, où il enseigne à l’université de Rochester, dans l’Etat de New York. Il se produit dans le monde entier, en Europe notamment, lors de ses « soirées poétiques » au cours desquelles, le verbe fort et relevé, il parodie le président russe, Vladimir Poutine, sa « verticale du pouvoir », son néotsarisme et son oligarchie.
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