Fabien Oppermann est historien et inspecteur général de l’éducation nationale. Auteur d’une thèse sur les images et les usages du château de Versailles au XXe siècle, il a notamment publié Le Versailles des présidents. 150 ans de vie républicaine chez le Roi-Soleil (Fayard, 2015).
Inviter un chef d’Etat à dîner à Versailles, comme le fait Emmanuel Macron avec Donald Trump, mercredi 17 juin, est-ce un geste habituel dans le répertoire diplomatique français ?
Oui. Depuis les débuts de la IIIe République, la France a régulièrement ouvert les portes du château de Versailles à ses partenaires privilégiés, à ceux qu’elle souhaitait honorer ou choyer tout particulièrement. Pour les présidents de la République, recevoir à Versailles est une manière d’offrir à leurs hôtes ce que la France a de plus beau et de plus prestigieux, pour marquer une occasion particulière.
En 1896, le président Félix Faure [1895-1899] a accueilli le tsar de Russie, Nicolas II, pour célébrer l’alliance franco-russe, scellée trois ans plus tôt. En 1957, la reine Elizabeth II y a été reçue à déjeuner par René Coty, un an après la crise de Suez [l’intervention armée conjointe d’Israël, de la France et du Royaume-Uni en Egypte à la suite de la nationalisation du canal] ; en 1972, elle y a été reçue à nouveau, cette fois par Georges Pompidou [1969-1974], quelques mois avant l’entrée du Royaume-Uni dans la Communauté économique européenne.
Il vous reste 79.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !