Porto ne se livre pas entièrement au premier regard, on le sait bien. Il y a la ville que n’importe quel visiteur reconnaît tout de suite – façades colorées, tramways qui accompagnent le fleuve, chorégraphie bien connue des vues et des dénivelés – et une autre, moins immédiate, qui se laisse attraper si on ralentit le pas. Et pour celle-là, il faut affiner son regard : un personnage collé sur un étroit pan de mur, un cœur répété en rouge et vert, un azulejo [carreau de faïence typique du pays] qui apparaît sans autorisation, une signature qui n’est que du gribouillis pour les uns mais une langue pour d’autres.

Pour João Kendall, qui propose des circuits sur le street art et la culture urbaine de la ville depuis plus de dix ans [via la plateforme Porto with Locals], c’est pratiquement “une autre ville dans la ville”. Et c’est peut-être bien ça : une Porto qui se lit aussi par signes.

La Baluarte-Exposição de Arte Urbana n’est pas un signe mais un immeuble de parking transformé en une espèce de galerie verticale. C’est notre porte d’entrée pour le monde de l’art urbain de Porto, celui qui fait partie du Programme d’art urbain de Porto (PAU) lancé en 2014 [par la municipalité] et demeure non domestiqué. Parce qu’avant qu’il y ait un programme, un guide, des commissaires d’expositio