La bataille autour du vote par correspondance rebondit aux Etats-Unis, où une juge fédérale a de nouveau suspendu un décret de Donald Trump visant à encadrer cette pratique, trois jours après son autorisation provisoire par la Cour suprême.
Dans une décision rendue publique jeudi 28 août, la magistrate Indira Talwani a estimé « impossible en pratique » pour les Etats de se conformer au texte à temps pour les élections de mi-mandat du 3 novembre, dans à peine plus de deux mois.
« La plupart des Etats demandeurs ont déjà commandé leurs bulletins de vote par correspondance, et certains sont tenus par le droit de l’Etat de les envoyer aux électeurs éligibles dès la semaine prochaine », a-t-elle relevé. Elle a jugé de ce fait que le décret, « probablement contraire à la Constitution », représentait « un préjudice irréparable » pour les Etats, à qui revient l’organisation des scrutins, et pour les électeurs, dont il restreint potentiellement les droits. « Le dossier continue de manquer de la moindre preuve de votes par correspondance frauduleux », a-t-elle estimé par ailleurs.
Donald Trump lui-même a voté par correspondance
Donald Trump dénonce régulièrement la possibilité dans de nombreux Etats américains de voter par correspondance. Le président républicain y voit l’une des raisons principales de sa défaite de 2020 face au démocrate Joe Biden, qu’il n’a jamais reconnue.
Il a signé le 31 mars un décret encadrant plus sévèrement cette modalité de vote, contestée en justice par un groupe d’Etats gouvernés par les démocrates.
Sans se prononcer sur le fond, la Cour suprême à majorité conservatrice a levé lundi une première suspension du texte, déjà accordée par la juge Talwani, mais les Etats opposés, emmenés par la Californie, ont intenté une nouvelle action.
Le décret ordonne aux services de l’immigration et de la Sécurité sociale de créer une liste fédérale des électeurs habilités à voter, et au service des Postes de ne délivrer des bulletins de vote par correspondance qu’aux personnes figurant sur cette liste.
L’objectif assumé par l’administration est de limiter le risque que des étrangers puissent voter aux élections américaines, spectre régulièrement agité par Donald Trump et les républicains, bien que le phénomène soit extrêmement rare, selon les statistiques officielles.
Donald Trump lui-même a voté par correspondance pour la primaire républicaine de Floride la semaine dernière.