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Elections locales au Royaume-Uni : « Nigel Farage, grand gagnant, sait exploiter l’effondrement des conventions démocratiques de son pays »

Depuis le scrutin du 7 mai, le système démocratique est grippé, note, dans une tribune au « Monde », la chercheuse Catherine Marshall. Pour elle, le chef de Reform UK déstabilise le pays en contestant la légitimité du premier ministre, Keir Starmer.

Elections locales au Royaume-Uni : « Nigel Farage, grand gagnant, sait exploiter l’effondrement des conventions démocratiques de son pays »
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Les élections locales du jeudi 7 mai au Royaume-Uni semblent confirmer la mise en place d’un débat politique qui, désormais, se partage entre cinq partis – conservateurs, travaillistes, libéraux-démocrates, écologistes et droite populiste de Reform UK – dans un système conçu pour deux. Le pays donne l’impression d’avoir perdu la capacité à se gouverner selon les règles tacites qui auraient fait la stabilité de Westminster pendant plus d’un siècle.

Cependant, à y regarder de plus près, l’histoire démontre que le système bipartisan britannique a toujours produit des convulsions en période de crise. Dans les années 1970, alors que le pays était secoué par de rudes difficultés économiques, deux élections législatives se sont tenues en une seule année, en 1974. Le gouvernement minoritaire formé à l’issue du second vote a été renversé par une motion de censure en 1979, une première depuis 1924.

Il faut aussi rappeler que ces élections locales obéissent à une logique différente de celle des élections législatives. Depuis la dévolution mise en place pendant le mandat de Tony Blair [ancien premier ministre, de 1997 à 2007], en 1998, le paysage constitutionnel s’est considérablement complexifié. La diversité des modes de scrutin dans les différentes nations du royaume brouille la lecture des résultats et nourrit un sentiment de chaos qui doit être relativisé.

Enfin, il serait tentant de voir le Brexit [voté en 2016 et entré en vigueur en 2020] comme étant à l’origine de l’instabilité institutionnelle en cours. La succession chaotique des premiers ministres conservateurs – Theresa May (2016-2019), Boris Johnson (2019-2022), Liz Truss (septembre-octobre 2022) et Rishi Sunak (2022-2024) – a marqué les esprits.

Fragmentation partisane

La victoire écrasante des travaillistes, en juillet 2024, aurait dû mettre un terme à cette crise, mais la faible participation au scrutin en a affaibli la portée. Et, même sans la guerre américano-israélienne contre l’Iran et une série d’erreurs politiques, le premier ministre, Keir Starmer, n’aurait pas pu, en moins de vingt mois, relever le pays économiquement, régler les problèmes persistants du système de santé et mettre un terme à l’immigration illégale et à la criminalité.

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