Elle s’appelle Elif Eralp. Cette avocate de 45 ans d’origine turque, jusqu’ici peu connue du grand public, est le nouveau visage de ces partis de gauche radicale qui s’imposent dans les grandes métropoles mondiales. Tête de liste du parti Die Linke (« la gauche ») aux élections régionales de la ville-Etat de Berlin, elle a obtenu 25,1 % des voix (+ 12,9 points par rapport aux dernières élections de 2023 selon les dernières estimations), un peu moins d’un an après la victoire spectaculaire du démocrate Zohran Mamdani à la mairie de New York. Une victoire historique pour ce parti marqué par les déchirements il y a encore trois ans, aujourd’hui l’une des forces politiques les plus dynamiques du paysage politique allemand.
Dimanche, la formation d’extrême gauche a laissé loin derrière elle le parti social-démocrate (SPD), qui, avant de perdre la mairie de Berlin au profit de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) en 2023, fut pendant des décennies la force politique dominante de la capitale allemande. Elle a aussi battu le parti du maire sortant et du chancelier fédéral, Friedrich Merz, qui obtient 19,2 % des voix, en recul de 9 points. Die Linke surclasse également les Verts, qui pointent à 14,3 % (− 4,1 points) et surtout le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), qui réalise toutefois une percée dans la capitale, avec 15,8 % des voix (+ 6,7 points). D’après les dernières estimations de résultats données dimanche soir, la seule coalition possible serait une alliance de Die Linke avec le SPD et les Verts.
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