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En Albanie, la « révolution des flamants roses » donne des ailes à la jeunesse

Depuis la fin mai, des manifestations antigouvernementales, nées de la contestation des projets immobiliers du clan Trump sur une île du pays, rassemblent des milliers d’Albanais. Parmi eux, une grande partie de la « gen Z », en colère contre un pouvoir qu’elle juge défaillant et corrompu.

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En Albanie, la « révolution des flamants roses » donne des ailes à la jeunesse

Par Emma Larbi
Publié aujourd’hui à 06h00

Temps de Lecture 4 min.

En début de soirée, le boulevard qui longe le bureau du premier ministre albanais, Edi Rama, se ferme aux véhicules. Des personnes âgées patientent sur des chaises en plastique, un escabeau est installé face à l’édifice, où viendront s’exprimer les manifestants, et les vendeurs de drapeaux albanais déambulent en attendant la foule. La scène a des airs de déjà-vu, ce samedi 11 juillet.

Pour la 43e soirée d’affilée, Tirana est le théâtre de manifestations nées de l’opposition aux projets immobiliers portés par Jared Kushner et sa femme, Ivanka Trump, sur l’île de Sazan et la côte de Zvërnec, une commune côtière du sud du pays. Au-delà de ce dossier, les milliers de participants dénoncent, sous le slogan « L’Albanie n’est pas à vendre », un développement à deux vitesses : l’essor touristique est fulgurant, tandis que les besoins élémentaires, comme des logements abordables, un système scolaire efficace et un accès aux soins convenable, restent insatisfaits.

Tous s’élèvent contre les défaillances des institutions publiques, une corruption endémique et une croissance au profit d’une petite oligarchie. Si le mouvement incarne un consensus inédit, la « gen Z » y est massivement présente. Les 18-29 ans mettent en cause le pouvoir incarné par le premier ministre, Edi Rama, alors que ce dernier reproche aux manifestants de participer à « une guerre hybride guidée de l’étranger ». Cinq d’entre eux expliquent les motifs de leur ralliement à cette protestation inédite baptisée « révolution des flamants roses ».

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