L’Algérie s’apprête à voter, mais on peinerait, en arpentant les rues d’Alger, à en déceler les signes avant-coureurs. Panneaux d’affichage électoraux vierges ou recouverts de graffitis, réunions électorales désertées tenues devant des rangs vides ou presque : le pays est engourdi dans une étrange léthargie politique avant les élections législatives, jeudi 2 juillet. Un scrutin que les partis proches du pouvoir ont toutes les chances de remporter, faute d’une concurrence sérieuse.
Rarement une campagne électorale aura été aussi terne depuis l’introduction en 1988 du multipartisme qui, s’il a toujours été sous très haute surveillance, avait néanmoins favorisé une scène partisane parfois énergique. Le tableau euphorique dépeint dans la presse, tel cet article de L’Expression qui décrit avec compassion la « fatigue » de candidats dont les « agendas débordent » au fil d’« un exercice haletant », ne trompe personne.
Près de 25 millions d’électeurs sont conviés aux urnes pour renouveler les 407 sièges de l’Assemblée populaire nationale. Mais le cœur des Algériens a battu ces derniers jours pour un tout autre terrain : les pelouses du continent américain où se déroule la Coupe du monde de football. Captivé par le parcours de l’équipe nationale qualifiée pour les seizièmes de finale, le public a relégué les promesses des candidats au rang de bruit de fond.
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