Rarement on avait vu une telle bronca, en Allemagne, au sein de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Le parti de Friedrich Merz, habituellement connu pour sa grande discipline, affiche de plus en plus ouvertement son exaspération vis-à-vis du chancelier. Celui-ci a froissé de nombreux cadres de la CDU lors du vaste remaniement ministériel annoncé vendredi 24 juillet, considéré en interne comme largement improvisé et annoncé sans tact. Ce qui devait être une démonstration d’autorité et une relance de son mandat est en train de devenir l’une des plus graves crises politiques jamais traversée par le chancelier, à peine plus d’un an après son arrivée au pouvoir, en mai 2025.
Alors que les députés des partis conservateurs au Bundestag (la CDU et son alliée bavaroise, la CSU) doivent se rassembler, mercredi 29 juillet après-midi, pour confirmer Thorsten Frei, jusque-là chef de la chancellerie, au poste de président du groupe parlementaire, l’élection pourrait se transformer en vote sanction. Or, le moment est très délicat : le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), premier groupe d’opposition au Bundestag (152 députés sur 630), pourrait être le grand bénéficiaire d’une crise au sein de la CDU, à l’approche des élections dans trois Länder de l’est du pays : la Saxe-Anhalt, Berlin, et le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, en septembre.
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