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En Allemagne, les chantiers navals de Rostock : un bastion de gauche convoité par l’extrême droite
Par Elsa Conesa (Rostock [Allemagne], envoyée spéciale)ReportageLors des élections régionales du 20 septembre, l’AfD espère ravir aux sociaux-démocrates le Land du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, encore marqué par le chômage qui a suivi la réunification, en 1990.
Alex Heimlich hésite parfois à porter sa veste rouge quand il se rend dans les chantiers navals de Rostock. Ce responsable du syndicat industriel IG Metall sait que les réactions peuvent être inamicales. « Les gens associent le rouge au parti social-démocrate, dit-il. Pourtant, nous sommes non partisans en tant que syndicat, même si nous sommes explicitement contre l’extrême droite. » Depuis la performance du parti Alternative für Deutschland (AfD) lors des élections régionales du 6 septembre en Saxe-Anhalt, où la formation d’extrême droite est arrivée en tête, le dialogue est devenu difficile. « J’ai hâte que ces élections soient derrière nous », dit-il, espérant « pouvoir à nouveau discuter normalement avec les gens ».
Fleurons de l’ancienne République démocratique allemande (RDA), les chantiers navals de Rostock ont longtemps été un bastion social-démocrate après la réunification, en 1990, contribuant, avec leurs dizaines de milliers d’ouvriers, à faire de la ville une place forte de la gauche. Pourtant, à quelques jours des élections régionales qui se tiennent le 20 septembre dans le petit Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, ancienne région de l’Est donnant sur la mer Baltique, la crainte d’une nouvelle progression de l’extrême droite est manifeste. D’après les sondages, l’AfD y fait la course en tête avec 37 % des intentions de vote, contre 16 % il y a cinq ans, devançant le Parti social-démocrate (SPD), qui gouverne le Land depuis 1998. Dans l’espoir de renouveler son succès en Saxe-Anhalt, l’AfD a dépêché sa vedette, Ulrich Siegmund, à qui il doit sa victoire du 6 septembre, pour pas moins de trois événements de la campagne électorale avant le scrutin.
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