Pour la communauté LGBTQI, le mois de juin est synonyme de Mois des fiertés. Mais, en Autriche, des affiches placardées sur les arrêts de bus rappelaient aux voyageurs et aux passants que juin était aussi, pour les catholiques, “le Mois du Sacré-Cœur”. “Jusqu’à récemment encore, plusieurs dizaines d’affiches, placardées principalement à Vienne, offraient au regard des passants un code QR menant vers un site Internet catholique intégriste, au contenu homophobe”, détaille le quotidien viennois Der Standard. Avec, en guise d’illustration, “un immense portrait de Jésus”.
Si la célébration de la foi chrétienne ne constitue pas un problème en soi et si la portée de ce projet est restée limitée, l’enjeu réside dans le commanditaire de cette publicité : l’organisation Tradition, famille et propriété (TPF), autrement dit “l’une des formations les plus extrémistes du catholicisme politique”, qui est active à l’international et existe en Autriche “depuis près de trente ans”.
Connue pour ses campagnes antiavortement, l’association ne cache aucunement ses positions, déplorant notamment sur son site qu’en juin “le drapeau arc-en-ciel flotte même sur certains clochers”, ajoutant : “Dire que ces drapeaux ont été hissés pour célébrer avec fierté les péchés de l’homosexualité !” De ce “constat” serait née l’idée d’une campagne d’affichage, visant à diffuser son message dans les “capitales régionales” autrichiennes.
Aucune incitation à la haine ?
Interrogé par les journalistes du Standard, Gewista, “leader autrichien de l’affichage publicitaire dans l’espace public”, “détenu en majeure partie par le groupe français JCDecaux”, a déclaré avoir considéré que cette campagne d’affichage ne contrevenait aucunement à son “engagement en faveur de la diversité”, puisqu’elle n’incitait pas ouvertement à la haine.
Une déclaration étonnante, au regard des principes énoncés dans la charte déontologique de JCDecaux, fait remarquer Der Standard. Car celle-ci stipule explicitement que “la publicité doit respecter la dignité humaine et ne doit ni inciter ni cautionner aucune forme de discrimination”, y compris s’agissant de “l’orientation sexuelle”.
Également sollicitée par Der Standard, la société de transports publics viennoise Wiener Linien, qui avait fait appel à Gewista, a indiqué “se désolidariser du contenu affiché sur le site de TFP”, rappelant que la responsabilité revenait à l’afficheur publicitaire autrichien.
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