La patience fait partie des piliers du bouddhisme. Mais celle de ses pratiquants belges semble un peu ébranlée. Début septembre, l’Union bouddhiste de Belgique (UBB) a en effet sommé le gouvernement fédéral de reconnaître officiellement le bouddhisme avant le 30 septembre, faute de quoi elle engagerait des poursuites devant la justice belge et la Cour européenne des droits de l’homme. Les représentants de cette organisation, qui doivent être reçus à ce sujet par le cabinet de la ministre de la justice chargée des cultes, Annelies Verlinden, lundi 21 septembre, espèrent être enfin entendus, après vingt ans de démarches.
En 2024, sous la précédente coalition, ils étaient sur le point d’obtenir gain de cause. Mais une intervention au parlement fédéral du Centre d’action laïque (CAL), qui regrettait que le bouddhisme s’apprête à être reconnu dans la catégorie des « philosophies non confessionnelles », plutôt que dans celle des « religions », avait bloqué le processus.
Dans le Centre d’études tibétaines, à Saint-Gilles, un temple bouddhiste dissimulé derrière la façade d’une maison bruxelloise ordinaire, le moine Jampal Sengé estime que le bouddhisme ne présente pas les caractéristiques classiques d’une religion. « Bouddha n’est pas un dieu, c’est un homme comme un autre », affirme ce Belge de 59 ans qui a profité de sa préretraite pour se consacrer pleinement au bouddhisme, qu’il a découvert jeune adulte, après avoir grandi dans un milieu catholique. « Le bouddhisme est une spiritualité, un art de vivre, une philosophie. Si on veut l’appeler religion, il faut dire que c’est une religion sans dieu. Par ailleurs, il n’y a pas de commandement, il n’y a pas de dogme. »
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