Cortège de berlines allemandes puis festin dans un palace avec défilé de plats symbolisant la richesse, le bonheur et la fertilité, le tout souvent pour plusieurs centaines d’invités : à partir des années 1980, dès l’ouverture économique de l’empire du Milieu, les mariages chinois sont devenus grandiloquents. De telles fêtes servant surtout à flatter le statut social des parents et à entretenir leurs réseaux.
Puis, lors de la pandémie de Covid, les rassemblements ont été bannis, puis les jauges d’invités réduites. Et la levée des restrictions ne s’est pas accompagnée d’un retour à la normale du côté des fêtes de mariage. Les unions se sont raréfiées − de 9,26 millions en 2019 à 6,10 millions en 2024, selon le China Daily − et le budget rabougri. « En 2023, peu avant le jour J, un couple de clients a finalement renoncé à la cérémonie et même à la parade préalable, qui consiste à aller chercher la mariée avec un cortège de voitures de luxe », explique Xu Xu, ancienne organisatrice de mariages à Tianjin, près de Pékin. Pour elle, ce fut le coup de grâce. « Ils ne voulaient plus rien. Au final, ils n’ont gardé que le restaurant pour les proches et leur voyage de noces, et moi, j’ai arrêté mon activité. »
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