Le 9 octobre, les journalistes du quotidien Expreso ont vécu une journée particulièrement émouvante. Après cinquante-trois ans d’existence, le journal de Guayaquil a annoncé à la une la fin de son édition papier, “contraint par la répression de l’État”.
Sur les bureaux des reporters et des éditeurs, des panneaux proclamaient que “le journalisme est libre ou ce n’est qu’une mascarade” ou encore que “sans journalisme libre, il n’y a pas de démocratie”.
La fin de l’édition papier de ce média, parmi les principales voix du pays, a suscité la nostalgie des lecteurs les plus âgés, qui peinent encore à accéder aux informations en ligne, précise Expreso dans un article.
Édité par le groupe Granasa, le journal sera désormais uniquement disponible en ligne, tandis qu’Extra, autre titre du groupe, conservera son édition papier. Mardi 13 octobre, Granasa devait décider de vendre ou non certains de ses actifs pour financer des licenciements.
Mais le plus préoccupant, ce sont les raisons qui ont conduit à la fin de plus d’un demi-siècle de presse écrite : les dirigeants du groupe déplorent les pressions exercées par le gouvernement du président Daniel Noboa, visé par plusieurs enquêtes du journal.
D’après El País América, les tensions avec le gouvernement – nommé à l’issue du scrutin préside
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