L’expulsion, le 23 septembre, de Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans, de son appartement à Madrid, a ravivé la mobilisation autour de la crise du logement en Espagne. Il faut dire que dans le pays “le logement est un problème majeur pour des millions de personnes”, note El País. Selon le quotidien madrilène, entre 2015 et 2025, le prix moyen d’achat d’un bien immobilier en Espagne a bondi de 80 %, tandis que les loyers ont augmenté de 85 %.

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À Madrid, où la pression immobilière est particulièrement forte, les prix ont même presque doublé depuis 2015. Dans le même temps, les salaires n’ont augmenté que de 30 %.

Augmentation de la population

Selon El País, l’une des raisons de cette “flambée des prix”, est la forte demande de logements, alimentée par la croissance démographique. Depuis 2015, la population espagnole a ainsi augmenté de 7 %, conséquence d’une immigration en hausse. Une croissance particulièrement élevée dans les grandes villes comme Madrid, Barcelone, ou encore Valence, qui figurent également parmi les régions ayant connu les plus fortes augmentations de prix.

Le journal madrilène souligne également que l’explosion du nombre de touristes dans le pays a eu des répercussions sur le marché immobilier dans de nombreuses provinces. À Malaga, Alicante ou encore Las Palmas, le nombre de nuitées dans des hébergements touristiques a ainsi plus que doublé entre 2018 et 2025. Une concurrence qui a des répercussions sur le nombre de logements disponibles.

Mais parallèlement à ces nouveaux besoins, le nombre de biens construits dans le pays, s’est effondré. En septembre, la gouverneure adjointe de la Banque d’Espagne a déclaré qu’il manquerait 1 million de logements en 2028 si rien ne changeait. “Au rythme où les logements sont construits actuellement, et sans compter la croissance démographique prévue ces prochaines années, il faudrait plus d’une décennie pour y remédier”, conclut El País.