Raphaël Glucksmann en est resté bouche bée. Figure de la gauche modérée, le coprésident de Place publique, sommé par son adversaire Ségolène Royal d’employer le mot « génocide » lors des premiers débats de la primaire à gauche, le 23 septembre, a semblé déconcerté par la charge menée par l’ancienne présidente de la région Poitou-Charente, qui a réitéré l’offensive avec l’appui du chef du Parti socialiste, Olivier Faure, lors du second débat, le 4 octobre. Voilà pourtant des mois que ce mot, « génocide », crime des crimes, employé par une partie des responsables politiques pour qualifier la guerre d’anéantissement menée par Israël dans l’enclave palestinienne en représailles au massacre du 7-Octobre, est devenu un marqueur politique.
Sur le fond, les deux socialistes sont alignés. Candidats potentiels à l’élection présidentielle 2027, ils dénoncent de concert l’attitude criminelle du gouvernement israélien envers les Gazaouis et se scandalisent de la colonisation imposée à marche forcée en Cisjordanie. Mais le terme de « génocide », brandi par La France insoumise (LFI) et une jeunesse qui en fait une cause morale, dessine désormais une ligne de partage au sein de la gauche.
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