Selon les statistiques fédérales allemandes, 25 381 Allemands vivent actuellement en Hongrie. Die Zeit est allé à leur rencontre et publie, dans un très long reportage, une enquête sur cette communauté surprenante, qui cherchait un “pays comme l’Allemagne d’il y a cinquante ans”. Le quotidien est allé “de village en village”, parcourant 1 000 kilomètres à la rencontre de ces expatriés qui ont fui la politique sanitaire au moment du Covid et la politique migratoire allemande. Ils ont délibérément choisi la Hongrie d’Orban. Mais maintenant que l’ex-Premier ministre d’extrême droite n’est plus au pouvoir, comment vivent-ils ce changement ?
Ils apprécient, alors qu’ils sont eux-mêmes étrangers, de vivre dans un pays où seulement 3 % de la population est étrangère. “Le fait que les marginaux de tous bords, qu’ils soient de gauche ou de droite, jeunes ou vieux, membres de communes ou solitaires, finissent si souvent par se retrouver dans des fermes abandonnées au cœur d’une idylle provinciale, que des personnes qui se considèrent comme non-conformistes soient en réalité si conformistes dans leur choix de logement, mériterait une étude approfondie”, souligne Die Zeit.
La communauté germanophone est certes constituée d’électrons libres, mais elle s’est tout de même radicalisée autour d’un militant suisse d’extrême droite, Ignaz Bearth. Il anime un réseau d’expats allemands. Anne Ringelstein a 72 ans. Elle s’est installée en Hongrie avant l’arrivée d’Orban au pouvoir. Aujourd’hui, elle “classe les colons qui leur ont succédé en deux groupes. Plus ils immigrent tard, plus ils sont amers. Et plus ils s’éloignent vers le sud du lac Balaton, où la terre devient aride et bon marché, plus ils rencontrent de discours extrémistes de l’AfD”. Mais ce qui ressort de cette longue enquête est la solitude extrême de ces expatriés, qui ont élu domicile dans des coins reculés et qui ont fait le choix de ne plus s’informer et de s’éloigner de la technologie et même, pour certains, du système scolaire pour leurs enfants. Mécontents de l’Allemagne dans laquelle ils vivaient, ils sont méfiants et ne partagent pas très facilement leurs opinions. La solitude et le silence sont donc ce qui les caractérise.
Ils ont quitté l’Occident woke pour la Russie et sont ravis
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