Après quelques heures de suspension, les programmes de M1, la principale chaîne d’information de la télévision publique hongroise, ont finalement repris mardi 7 juillet à 19 h 56 pile. Cet horaire avait été choisi en hommage à l’insurrection antisoviétique de Budapest de 1956. A la place du traditionnel journal, les téléspectateurs ont alors pu voir Le Témoin, un film anticommuniste tourné en 1969 qui fut longtemps censuré par le pouvoir communiste avant de devenir culte dans ce pays d’Europe centrale.
« La diffusion des informations est temporairement suspendue », avait auparavant affirmé, pendant tout l’après-midi, un message blanc sur fond noir, ajoutant que l’audiovisuel public « est en pleine transformation » et qu’il « s’excuse » pour avoir « menti pendant des années » aux Hongrois. Au même moment, des dizaines de cadres de la MTVA, le conglomérat public qui avait été transformé en instrument de propagande par l’ancien premier ministre Viktor Orbán, ont été suspendus et sortis manu militari de leurs bureaux par des vigiles.
Près de trois mois après sa victoire écrasante aux législatives du 12 avril, le nouveau chef de gouvernement conservateur et pro-européen a ainsi mis spectaculairement en application sa promesse de suspendre ce qu’il qualifiait « de machine à mensonge », qui l’a systématiquement dénigré pendant des années. « C’est un jour historique. La diffusion de la propagande a pris fin aujourd’hui », a célébré Péter Magyar dans un message posté sur Facebook depuis la Turquie, où il se trouvait pour assister au sommet de l’OTAN.
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