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Géopolitique

En Italie, la politique migratoire du gouvernement Meloni devenue le levier d’une dérive illibérale

Remise en cause du travail des magistrats, contournement du Parlement, mise sous surveillance de la presse, marginalisation des droits humains… La surenchère continue de la présidente du conseil italien conduit à la fragilisation de l’Etat de droit.

En Italie, la politique migratoire du gouvernement Meloni devenue le levier d’une dérive illibérale
HaitiCreoleRadio.com

En septembre 2022, Giorgia Meloni remportait les élections législatives avec sa coalition dominée par l’extrême droite, au terme d’une campagne axée essentiellement sur le dossier migratoire. Dans l’histoire de l’Italie républicaine, elle devenait ainsi la première présidente du conseil issue de la famille néofasciste. A l’approche du scrutin qui doit se tenir en 2027, lors duquel elle briguera le renouvellement de son mandat, la question reste centrale dans les discours de son camp. Cependant, elle a évolué au gré d’une surenchère sur le thème de l’accélération des expulsions. Les plus radicaux portent l’aspiration d’une homogénéisation ethnique du pays en usant d’un slogan identitaire qui s’est installé dans le débat public – la « remigration ».

Mme Meloni entend désormais montrer qu’elle se situe à l’avant-garde en Europe. De fait, elle souhaite réduire le droit d’asile à sa plus simple expression, tout en organisant l’éloignement d’étrangers en situation irrégulière vers des pays situés hors de l’Union européenne, où ils n’ont pas nécessairement d’attaches, comme le fait déjà, aux Etats-Unis, l’administration de Donald Trump, dans des conditions brutales. Cette approche, contestée par les organisations de défense des droits humains, gagne du terrain au sein d’autres gouvernements européens, qui prévoient la création de plateformes de retour. Dans la Péninsule, parallèlement, le dossier migratoire est devenu le laboratoire de la remise en cause des contre-pouvoirs et des garanties démocratiques.

En France, l’immigration figure au cœur d’un projet de référendum constitutionnel promu par le Rassemblement national, dont les implications, pour les piliers de la démocratie, dépassent de loin la question migratoire. De son côté, Mme Meloni n’a pas eu besoin d’avoir recours à une mesure aussi spectaculaire pour que le thème s’impose progressivement comme le terrain d’expression privilégié d’une conception du pouvoir fondée sur la prééminence de l’exécutif et sur le primat de la légitimité électorale par rapport au fonctionnement de l’Etat de droit. Mais aussi sur la mise en œuvre d’une pratique politique rétive à toute transparence et peu regardante en matière de respect des droits humains.

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