La Chine est-elle en train de transformer la mer Rouge en un nouvel espace sécuritaire où elle assurerait une fonction de gendarme ? À en lire la presse internationale, la réponse est oui. Pékin prend ainsi en compte les troubles moyen-orientaux qui sortent de leur cadre régional pour déborder sur cet espace géopolitique à cheval entre la Corne de l’Afrique et la péninsule arabique.

Les tensions militaires autour des détroits d’Ormuz et de Bab El-Mandeb, la perturbation du commerce qui en a résulté, tout comme l’essor de la piraterie dans le golfe d’Aden, ont mis en lumière la vulnérabilité de la Chine face aux bouleversements de l’espace maritime. Mais ces évolutions géopolitiques ont tout autant offert à Pékin l’occasion de se présenter comme un garant de la sécurité maritime et de la stabilité régionale.

Grandes oreilles chinoises sur la mer Rouge

Premier indice de ce nouveau rôle chinois, la modernisation de sa base militaire à Djibouti. Selon le South China Morning Post, la Chine a transformé cette base en la dotant notamment d’équipements de communication. Ce sont des images satellite publiées par le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) qui ont révélé deux complexes de communication construits depuis mi-2024, la majeure partie des travaux étant achevée mi