Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a fixé au 28 novembre la date des prochaines élections législatives, selon un décret publié jeudi 9 juillet, ce qui marquerait, si elles ont lieu, le premier vote de ce type dans les territoires palestiniens depuis deux décennies.
Les dernières législatives remontent à 2006, lorsque le Hamas avait remporté le scrutin en battant le Fatah de M. Abbas, qui dominait jusque-là la vie politique palestinienne.
L’organisation d’élections fait partie des réformes réclamées par la communauté internationale, qui soutient financièrement l’Autorité palestinienne, critiquée pour la corruption, la paralysie de ses institutions et l’érosion de sa légitimité. Les bailleurs de fonds conditionnent de plus en plus leur soutien financier et diplomatique à des réformes, notamment de la gouvernance locale.
La promesse de ce scrutin s’inscrit également dans le cadre du plan de paix en 20 points pour la bande de Gaza promu par le président américain, Donald Trump, qui envisage, à terme, de confier la gouvernance du territoire à une Autorité palestinienne profondément renouvelée.
« Le décret présidentiel appelle le peuple palestinien à Jérusalem, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza à participer à des élections législatives libres et directes pour élire les membres du Conseil législatif palestinien à la date fixée », a rapporté l’agence de presse officielle, WAFa, citant le texte. Ce Conseil, qui fait office de Parlement de l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, ne s’est plus réuni depuis 2007.
« Besoin de sang neuf »
Agé de 90 ans, Mahmoud Abbas a remporté la dernière élection présidentielle palestinienne en 2005 pour un mandat de quatre ans, qui aurait donc dû s’achever en 2009. Son mandat a toutefois été prolongé. Mahmoud Abbas gouverne par décrets, une pratique qui lui vaut des critiques tant sur le plan intérieur qu’à l’étranger. En 2021, il avait annoncé la tenue d’élections législatives et présidentielle, prévues respectivement en mai et en juillet de cette année-là. Elles avaient ensuite été reportées sine die faute de garanties permettant la tenue du scrutin à Jérusalem-Est, occupée par Israël depuis 1967.
Mais pour Ghassan Khatib, professeur de sciences politiques à l’université de Birzeit, ces élections devraient cette fois bel et bien avoir lieu, pour des raisons tant de politique intérieure que de politique extérieure. « Tout le monde partage le sentiment que la légitimité palestinienne s’est effritée, en raison de cette si longue période sans élections », explique-t-il à l’Agence France-Presse (AFP), décrivant un « fossé entre la sphère publique et les dirigeants politiques » et un « besoin de sang neuf » au sommet. « La très longue absence de Conseil législatif a causé d’importants dommages au système politique », ajoute-t-il.
En avril, les Palestiniens se sont rendus aux urnes pour élire les conseils municipaux en Cisjordanie, occupée, lors du premier scrutin organisé depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Et en juin Mahmoud Abbas a annoncé que l’élection présidentielle se tiendrait au début de l’année 2027, sans préciser s’il serait candidat.