Les étudiants parviennent exténués sur la place de la République de Belgrade, à 22 heures, mercredi 21 octobre, après une marche de deux jours à partir de Novi Sad, 75 kilomètres plus au nord. Un concert de klaxons, de clameurs et de feux d’artifice accueille le cortège de plusieurs milliers de personnes. La procession a progressivement enflé sur la route, sous l’afflux de partisans déterminés à éjecter du pouvoir Aleksandar Vucic, aux manettes depuis quatorze ans, lors des élections législatives du dimanche 25 octobre. A propos de ce dernier, la foule scande « Gotov je ! » (« il est fini »).
Assise à même le sol, Sasha (qui n’a pas souhaité donner son nom), une étudiante en ingénierie et management de projet à l’université de Novi Sad, grimace de douleur en desserrant sa ceinture lombaire. « Ce n’est rien, j’ai des problèmes de dos. Mais j’ai un antidouleur, c’est de voir les sourires et les encouragements des gens dans chaque village ou ville que nous avons traversés ! Nous ferons de la Serbie un pays meilleur, sans corruption », dit-elle d’une voix cassée par la fatigue et les slogans criés.
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