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Géopolitique

Esclavage : « Pour reconnaître pleinement son rôle dans la traite transatlantique, la France doit s’engager sur la voie de la justice réparatrice »

L’historienne américaine Ana Lucia Araujo appelle, dans une tribune au « Monde », Emmanuel Macron à « passer à la postérité » en annonçant des réparations matérielles et financières à l’intention d’anciens pays colonisés.

Esclavage : « Pour reconnaître pleinement son rôle dans la traite transatlantique, la France doit s’engager sur la voie de la justice réparatrice »
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Le 25 mars, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution qualifiant la traite transatlantique des esclaves comme « le plus grave crime contre l’humanité ». Parmi les 123 pays qui ont appuyé ce texte, 54 provenaient d’Afrique et 15 autres étaient membres de la Communauté des Caraïbes (Caricom). Pour leur part, les Etats-Unis, l’Argentine et Israël ont voté contre cette résolution. Enfin, 52 autres pays, dont l’ensemble des membres de l’Union européenne, se sont abstenus.

La non-participation de la France à ce vote surprend car, vingt-cinq ans auparavant, elle s’était placée à l’avant-garde avec la loi Taubira « tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité ». La France devenait ainsi le premier pays occidental à adopter une telle législation. La même année, elle participait, en dépit des tensions, à la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, tenue à Durban en Afrique du Sud. Au terme de cette rencontre, les pays réunis déclaraient que « l’esclavage et la traite des esclaves, en particulier la traite transatlantique, ont été des tragédies effroyables » constituant des « crimes contre l’humanité ». La France n’avait cependant pas participé aux discussions portant sur d’éventuelles réparations.

Cette position était à l’image de la loi Taubira, qui n’envisageait pas de dédommagement financier, même si ce texte a en quelque sorte préparé la prochaine mise en place de réparations symboliques. En 2006, la France a fait du 10 mai la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, tandis qu’en 2019 la Fondation pour la mémoire de l’esclavage est créée. Le 9 mai, la France a poursuivi sur cette lancée lorsque Emmanuel Macron a promulgué une loi-cadre, qui facilite les restitutions d’objets pillés par la France pendant la conquête et la colonisation.

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