David Sanchez, le frère du premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a été condamné à une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant neuf ans, a annoncé, mardi 14 juillet, la justice espagnole, qui l’a toutefois blanchi des accusations de trafic d’influence, un délit qui aurait pu le conduire en prison.
L’homme de 52 ans était accusé d’avoir utilisé l’influence de son frère aîné à partir de 2016, avant que celui-ci devienne premier ministre, afin de se faire embaucher l’année suivante pour s’occuper du spectacle vivant dans la province de Badajoz (Sud-Ouest). La création de ce poste n’était « ni nécessaire ni urgente », a jugé le tribunal, estimant qu’elle répondait « à l’intérêt particulier de son bénéficiaire et non à l’intérêt général ». « Cette pratique peu éthique nuit à la santé démocratique, favorise la corruption et l’inégalité des chances », écrivent les juges dans la décision que l’Agence France-Presse (AFP) a pu consulter.
Déclaré coupable de « prévarication administrative », David Sanchez a été condamné à une « peine d’inéligibilité à tout emploi ou charge publique » et à l’interdiction de voter « pendant neuf ans ». Son procès, qui a vu dix autres prévenus comparaître à ses côtés, a eu lieu entre la fin de mai et le début de juin. M. Sanchez niait ces accusations, et le parquet général avait requis son acquittement.
« Nous espérons que les juridictions supérieures constateront l’innocence de David Sanchez, ce en quoi nous croyons », a réagi la porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, à l’issue du conseil des ministres. Compositeur et chef d’orchestre, David Sanchez avait occupé au moins jusqu’au début de 2025 ce poste qui dépendait de la députation de Badajoz, alors aux mains du Parti socialiste (PSOE), dirigé par Pedro Sanchez.
D’autres proches du premier ministre visés
Outre cette affaire, d’autres dossiers judiciaires éclaboussent l’entourage du premier ministre socialiste, Pedro Sanchez. L’opposition réclame sa démission et la convocation d’élections anticipées, ce qu’il refuse.
Outre son frère David, deux hommes-clés de son ascension au pouvoir en 2018, Santos Cerdan et son ex-ministre des transports José Luis Abalos, doivent être jugés ou l’ont déjà été dans des affaires de corruption. Le second a été condamné, à la fin de juin, à une peine de vingt-quatre ans de prison pour corruption. L’épouse de Pedro Sanchez, Begoña Gomez pourrait, elle aussi, prochainement comparaître pour trafic d’influence.
En mai, c’est le prédécesseur de Pedro Sanchez à la tête du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, premier ministre socialiste de 2004 à 2011 et figure très respectée de la gauche, qui a été inculpé, lui aussi pour trafic d’influence en échange de pots-de-vin.