Le violent feu de forêt qui a fait au moins 12 morts près d’Almeria, en Andalousie, dans le sud de l’Espagne, a parcouru 6 600 hectares depuis jeudi, mais il a connu pendant la nuit une évolution « favorable », a annoncé, samedi 11 juillet, le responsable régional des services de secours, Antonio Sanz. « Les conditions météorologiques nous permettent d’affronter la journée avec de meilleures perspectives qu’hier », a-t-il expliqué dans la matinée. « C’est le premier jour où nous allons pouvoir intervenir en attaque sur l’incendie. Les circonstances (…) nous avaient jusqu’à présent seulement permis de travailler en défense », a-t-il ajouté.
Dans la journée, les pompiers commençaient à entrevoir la possibilité de contenir le sinistre. M. Sanz a même fait part de son « optimisme » : « si la nuit [à venir] joue en notre faveur (…) nous pourrons commencer à envisager une stabilisation » de l’incendie.
Plusieurs centaines de pompiers et de militaires continuent de lutter contre les flammes, appuyés par des moyens aériens. Près de 1 500 personnes ont été évacuées de la zone. Le premier ministre, Pedro Sanchez, se rendra sur place lundi.
Les autorités attendent les premières autopsies pour pouvoir en dire plus sur le bilan de cet incendie, qui a fait au moins 12 morts de nationalités différentes, dans une zone où vivent de nombreux Britanniques. Des signalements évoquent également 23 personnes qui n’avaient pas été localisées dans l’immédiat, mais le ministre de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, s’est dit « prudent » quant à ce chiffre. En effet, sept déclarations officielles de disparition ont été faites, mais dans l’attente de l’identification des corps retrouvés il est impossible d’établir un bilan définitif, car les personnes déclarées disparues peuvent faire partie des 12 morts.
Une difficile mise à l’abri des riverains
Les victimes qui ont été retrouvées par les secours ont été piégées dans leur véhicule ou rattrapées par les flammes en tentant de s’enfuir, selon les autorités. Huit personnes ont, en outre, été blessées, dont quatre grièvement brûlées.
« La Guardia Civil a ratissé toutes les zones et nous a informés qu’elle n’avait trouvé aucune personne supplémentaire », a dit M. Sanz, même si « cela ne signifie pas que cela ne puisse pas arriver ». Comme le ministre de l’intérieur, il s’est montré très prudent quant au nombre de disparus : « Nous parlons de personnes avec lesquelles leurs familles ne parviennent pas à entrer en contact, mais qui peuvent se trouver dans un centre d’hébergement. »
La zone dévorée par les flammes est composée de nombreux ravins, fossés et maisons dispersées à flanc de coteaux, qui ont favorisé la propagation de l’incendie et rendu difficile la mise à l’abri des riverains. Devant l’avancée du feu, les autorités locales ont demandé dans certains cas à la population de se confiner, et dans d’autres de quitter le domicile par un chemin précis. Mais certaines des victimes n’ont pas tenu compte des consignes de sécurité qui leur avaient été données, a regretté Juan Manuel Moreno, le président régional andalou, et « malheureusement, cela a eu leur mort pour conséquence ».