Les incendies qui font rage dans la région de Madrid, à moins de 100 kilomètres de la capitale espagnole, n’étaient « toujours pas maîtrisés, ni contenus », vendredi 24 juillet dans la matinée, alors que les conditions météorologiques compliquent la tâche des secours, ont annoncé les autorités locales. La progression des incendies a toutefois été « limitée » au cours de la nuit. « Les conditions météorologiques, principalement le vent, compliqueront les opérations d’extinction ce vendredi », a fait savoir, sur X, la région de Madrid.
« Nous vivons une situation dramatique, non seulement dans plusieurs provinces espagnoles, mais aussi dans des régions de pays voisins. Les incendies de forêt ravagent des milliers d’hectares et touchent de nombreuses villes et villages », a écrit, sur X, vendredi matin, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, appelant une nouvelle fois la population à « suivre les consignes » des autorités et des services de secours.
Vendredi, l’Espagne a demandé l’envoi de « quatre moyens aériens de lutte contre les incendies » en activant le mécanisme de protection civile de l’Union européenne, une requête à laquelle la Grèce a répondu en envoyant deux Canadair.
Jeudi soir, le gouvernement espagnol a décrété « l’état d’urgence d’intérêt national » dans la région de Madrid et dans la province d’Avila, près de la capitale, un dispositif qui permet à l’Etat de mobiliser plus de ressources pour éteindre les feux.
Cent trente mille hectares brûlés depuis le 1er janvier
Cette mesure vise à mobiliser et centraliser plus rapidement des ressources pour lutter contre les incendies, qui ont entraîné l’évacuation de 10 000 personnes à Madrid, et confie à l’Unité militaire d’urgence (UME) la gestion de la crise. Plusieurs communes restent confinées et plus de 270 pompiers et militaires sont mobilisés, selon les autorités.
Ces derniers jours, de nombreux incendies se sont déclarés en Espagne, alimentés par la vague de chaleur et la sécheresse qui sévit dans le pays. Ils avancent très rapidement, surtout dans les zones désertiques, où la broussaille constitue le carburant idéal pour alimenter les flammes. L’incendie le plus important se trouve dans la province de Guadalajara, à une centaine de kilomètres au nord de Madrid, et a ravagé 32 000 hectares en une semaine.
Au total, près de 130 000 hectares ont brûlé depuis le 1er janvier en Espagne, selon le Système européen d’information sur les feux de forêt. En 2025, plus de 393 000 hectares avaient été dévorés par les flammes, soit le pire bilan de l’histoire récente du pays.