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Esther Thomas, Lanmò SanJou et la question qui brûle : Croix-des-Bouquets, cachette internationale des criminels ?

Les autorités haïtiennes et dominicaines recherchent activement Esther Thomas, alias « Nice B ». Le Parquet de la Croix-des-Bouquets et la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) ont ordonné sa recherche et son arrestation pour assassinat, tentative d’assassinat et association de ma

Esther Thomas, Lanmò SanJou et la question qui brûle : Croix-des-Bouquets, cachette internationale des criminels ?
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10 septembre 2026
Esther Thomas, Lanmò SanJou et la question qui brûle : Croix-des-Bouquets, cachette  internationale des criminels ? 
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Esther Thomas, Lanmò SanJou et la question qui brûle : Croix-des-Bouquets, cachette  internationale des criminels ? 

  • by Rezo Nodwes
  • 10 septembre 2026
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Les autorités haïtiennes et dominicaines recherchent activement Esther Thomas, alias « Nice  B ». Le Parquet de la Croix-des-Bouquets et la Direction centrale de la police judiciaire  (DCPJ) ont ordonné sa recherche et son arrestation pour assassinat, tentative d’assassinat et  association de malfaiteurs, dans le cadre de l’affaire « Baby Love ». Une vidéo d’une extrême  violence, diffusée sur les réseaux sociaux, a placé son nom au centre de l’enquête. De l’autre  côté de la frontière, la police dominicaine la poursuit également, après qu’elle ait publié des  contenus localisables à Santo Domingo Este. 

Pourtant, le paradoxe est frappant. Alors que deux États la traquent, des informations et  rumeurs insistent sur le fait qu’elle se trouverait sous la protection de Lanmò 100 Jou (Wilson  Joseph), chef du gang 400 Mawozo, et qu’elle serait « intouchable ». Lanmò 100 Jou contrôle  depuis des années d’importantes portions de la plaine du Cul-de-Sac, notamment des zones de  Croix-des-Bouquets. C’est précisément là que le crime a été commis et que le parquet a agi.  Si une personne activement recherchée par les polices des deux pays peut, même  temporairement, bénéficier d’un tel parrainage, que cela signifie-t-il concrètement ? 

Cela signifie d’abord que l’autorité de l’État haïtien s’arrête aux portes de certains territoires.  Croix-des-Bouquets n’est plus seulement une commune densément peuplée de la périphérie  de Port-au-Prince : c’est devenu un espace où des groupes armés imposent leur propre justice,  leur propre « protection » et leur propre impunité. Quand un individu soupçonné d’un crime  odieux peut y trouver refuge auprès d’un chef de bande réputé, le message envoyé est clair : la  force prime le droit. Les avis de recherche officiels deviennent alors des papiers sans effet  dans les zones sous contrôle gangster. 

La dimension transfrontalière aggrave encore le diagnostic. Esther Thomas a vécu une partie  de sa vie en République dominicaine. Après les faits, des publications sur les réseaux sociaux  l’ont localisée de nouveau de l’autre côté de la frontière. Les autorités dominicaines la  recherchent désormais. Si, malgré cela, elle peut aller et venir ou se replier dans le fief de  Lanmò 100 Jou, Croix-des-Bouquets fonctionne de facto comme une zone de transit et de  refuge pour des criminels qui opèrent à l’échelle internationale. Les frontières officielles  perdent de leur sens face aux réseaux qui les franchissent librement, qu’il s’agisse de trafic  d’armes, de personnes ou simplement de fuite après un meurtre. 

Le sens profond de cette affaire dépasse le cas individuel. Il révèle une faillite systémique :  

• L’incapacité de l’État haïtien à exercer le monopole de la violence légitime sur  une partie de son territoire.  

• La porosité de la frontière haïtiano-dominicaine face aux acteurs armés.  • Le rôle des réseaux sociaux, qui diffusent à la fois les crimes et les preuves, tout  en permettant aux suspects de rester visibles tout en restant hors d’atteinte.  • L’impunité comme mode de fonctionnement : tant qu’un chef de gang peut offrir  un statut d’« intouchable », les avis de recherche restent symboliques. 

Dès lors, la question posée n’est plus rhétorique : Croix-des-Bouquets est-elle devenue une  cachette internationale pour les criminels ? Dans les faits, pour une partie de ses zones  contrôlées par 400 Mawozo et ses alliés, la réponse penche dangereusement vers le oui. Ce  n’est plus seulement un problème de sécurité locale. C’est un défi de souveraineté pour Haïti 

et un enjeu de sécurité régionale pour la République dominicaine et, plus largement, pour la  Caraïbe. 

Tant que les opérations policières resteront ponctuelles, tant que la coopération judiciaire  bilatérale ne se traduira pas par des arrestations effectives, et tant que les territoires sous  contrôle des gangs continueront d’offrir un sanctuaire, le cycle se perpétuera. Esther Thomas  n’est qu’un nom de plus dans une liste trop longue. Mais le symbole est puissant : lorsque  deux États cherchent quelqu’un et qu’un chef de bande peut le protéger, c’est l’État de droit  qui est en déroute. Croix-des-Bouquets ne peut plus être laissé comme un no man’s land  criminel. L’urgence n’est plus seulement de retrouver Nice B. Elle est de reprendre le contrôle  du territoire, sous peine de voir d’autres « intouchables » y trouver refuge demain.

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