Dans Don Quichotte, Cervantès mentionne à plusieurs reprises Aristote. Or, plutôt que de l’invoquer comme figure d’autorité, il le tourne en dérision. Dans le prologue de son roman, il s’amuse du fait que les lecteurs jugeront sans doute son livre peu érudit puisqu’il ne l’a pas saturé de “sentences d’Aristote, de Platon et de toute la troupe des philosophes”. Quelques pages plus loin, il affirme qu’il n’est aucun besoin d’un Aristote dans un roman qui traite d’un sujet que le philosophe n’a jamais connu : la chevalerie errante.
À peine a-t-on entamé le premier chapitre que le disciple de Platon refait son apparition. Cervantès nous gratifie de mauvaise prose alambiquée : “La raison de la déraison qu’à ma raison vous faites affaiblit tellement ma raison qu’avec raison je me plains de votre beauté.” Une manière de nous dire qu’“Aristote en personne, s’il était ressuscité tout exprès pour cela”, ne serait pas parvenu à tirer le moindre sens de ces mots.
Plus loin, Don Quichotte relate l’histoire d’une “jeune veuve, belle, libre et riche” qui s’éprend d’un jeune sot mais bien bâti. Lorsque quelqu’un critique son choix, elle répond : “Vous êtes bien dans l’erreur, mon très cher seigneur et frère, et vous pensez à la vieille mode si vous imaginez que j’ai fait un mauvais choix en pre
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Il n’existe pas vraiment de bonnes raisons d’avoir des enfants
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