La tension autour du détroit d’Ormuz ne retombe pas, avec les nouvelles menaces de Donald Trump contre l’Iran. Le président des Etats-Unis a affirmé, lundi 31 août, sur Fox News, que l’armée américaine allait riposter aux attaques de missiles de l’Iran contre des cibles américaines au Moyen-Orient. « Il y aura une réponse » et « nous allons les frapper fort », a-t-il déclaré, selon les propos retranscrits par la chaîne américaine. Donald Trump a aussi affirmé, selon Fox News, que l’ensemble des missiles iraniens tirés ont été interceptés, sauf un qui ne représentait pas une menace.
De son côté, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a estimé, que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n’était pas dans l’intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d’accalmie.
« Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l’extension de l’insécurité et du conflit », a expliqué le président iranien lors d’une réunion avec le premier ministre indien, Narendra Modi, avant le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.
Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l’île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l’agence officielle iranienne IRNA. L’Iran a, de son côté, affirmé, lundi, avoir attaqué avec des drones une base émiratie utilisée par les Etats-Unis, en « légitime défense ».
La Jordanie a été elle aussi visée par des tirs de missiles et de drones iraniens, en représailles – selon l’Iran – aux frappes américaines sur l’île iranienne de Larak. Les gardiens de la révolution iraniens ont affirmé avoir ciblé des installations militaires américaines dans le royaume. L’armée jordanienne, elle, a annoncé avoir abattu huit missiles sans préciser leur origine.
Un vraquier saisi
Dans un communiqué, le ministère des affaires étrangères émirati a « fermement condamné l’attaque hostile menée par l’Iran contre le pays à l’aide d’un drone qui a été intercepté par les systèmes de défense aérienne au-dessus des eaux territoriales ». « Il s’agit d’une escalade dangereuse », à laquelle les Emirats se réservent le droit de répondre, a-t-il ajouté.
L’Iran a affirmé lundi qu’un navire avait heurté des mines lors d’une tentative « illégale » de franchir le détroit d’Ormuz, provoquant un incendie à bord. Plus tard, les autorités iraniennes ont annoncé avoir saisi un vraquier qui aurait déversé du pétrole dans le détroit d’Ormuz.
« A la suite de la publication d’images montrant le rejet de pétrole en mer (…), des équipes d’experts et de nettoyage ont été dépêchées sur place et ont saisi le navire à l’origine de la pollution », a déclaré le directeur adjoint du département des ports et de la navigation de la province de Hormozgan, Esmaïl Makizadeh. Les eaux ont été entièrement nettoyées, selon lui.
L’armée américaine a, pour sa part, démenti l’information iranienne. « Le corps des gardiens de la révolution affirme qu’un superpétrolier empruntant la route sud du détroit d’Ormuz a heurté deux mines et a été complètement immobilisé. C’est FAUX », a écrit sur X le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), dénonçant de la « désinformation. » « Aucun navire n’a heurté de mines dans le détroit d’Ormuz », a ajouté le CentCom.
L’Iran avait réclamé, mi-août, des compensations pour les dommages causés par des marées noires, notamment après qu’une nappe de pétrole eut atteint une de ses îles, Qechm, dans le Sud.
Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d’Ormuz.