Plusieurs pays, Allemagne en tête, ont plaidé, vendredi 18 septembre, pour l’instauration d’une taxe européenne sur les superprofits des groupes pétroliers, qui sont alimentés par le conflit au Moyen-Orient, à l’occasion d’une réunion ministérielle à Dublin.
Le ministre des finances allemand, Lars Klingbeil, a déclaré attendre « que la Commission européenne présente enfin des propositions sur ce à quoi pourrait ressembler une taxe sur les superprofits, en particulier ceux des compagnies pétrolières ». Il a reproché à Bruxelles une « réticence » à s’emparer de ce dossier.
Les ministres des finances de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Autriche, de la Pologne et du Portugal, ainsi que la ministre de l’économie de l’Espagne, avaient réclamé en août une taxe exceptionnelle européenne sur les compagnies pétrolières, leurs bénéfices ayant explosé en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Financer des mesures en faveur des consommateurs
Plusieurs de ces pays avaient déjà réclamé en avril l’instauration d’un prélèvement sur les bénéfices des compagnies pétrolières. Les entreprises du secteur énergétique ont vu leurs gains s’envoler depuis que les Etats-Unis et Israël ont lancé une guerre contre l’Iran en février, ce qui a entraîné une réduction du trafic dans le détroit d’Ormuz, axe de transit-clé.
Ces Etats estiment que cela permettrait d’aider à financer des mesures en faveur des consommateurs et des entreprises affectés par la flambée des prix de l’énergie. Mais leurs demandes sont restées jusqu’ici lettre morte.
Sans rentrer dans ce débat, le ministre des finances irlandais, Simon Harris, dont le pays exerce la présidence tournante de l’Union européenne, a souligné que la mesure de loin la plus efficace pour lutter contre les prix élevés des carburants serait « une désescalade au Moyen-Orient et la réouverture du détroit d’Ormuz ».