“Chez nous !” titre le quotidien de Nairobi Daily Nation au lendemain de l’attribution, le 15 septembre, de l’organisation des championnats du monde d’athlétisme 2029 à la capitale kényane, Nairobi, préférée à Londres, Rome et Munich. Viviers d’athlètes légendaires, le Kenya devient le premier pays africain à accueillir l’un des événements sportifs les plus populaires, après la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques. Un choix “hautement symbolique” pour “l’une des grandes nations de l’athlétisme mondial”, se réjouit le journal.
“Depuis plus de quatre décennies, les athlètes kényans contribuent à façonner l’histoire de la course de fond à l’échelle mondiale”, rappelle le Daily Nation. Avec 182 médailles accumulées, le Kenya occupe le deuxième rang du classement des pays les plus médaillés de l’histoire des Mondiaux d’athlétisme, après les États-Unis. Parmi ses coureurs de fonds les plus célèbres, la légende Kipchoge Keino, le marathonien Ibrahim Hussein ou encore le double médaillé d’or olympique et champion du monde Eliud Kipchoge.
“Nous avons voyagé sur de nombreux continents et remporté des médailles lors de grandes compétitions mondiales d’athlétisme. Il est désormais temps pour le monde de venir au Kenya”, a réagi la double championne du monde de marathon, Catherine Ndereba, citée par le quotidien.
“Culture de l’athlétisme”
“C’est un moment particulier pour le Kenya, et plus largement pour l’Afrique, et une victoire pour les générations d’athlètes qui ont fait de notre nation un modèle d’excellence sur la piste”, a salué de son côté le président du Kenya, William Ruto, qui savoure cette nouvelle victoire, le pays s’apprêtant déjà à accueillir la Coupe d'Afrique des nations en 2027, avec l’Ouganda et la Tanzanie.
Au-delà du prestige, le quotidien The Star voit dans l’accueil des Mondiaux d’athlétisme “l’occasion de faire découvrir au monde entier la culture de l’athlétisme, les talents et les capacités du pays, tout en offrant au Kenya la fierté d’accueillir la plus grande compétition de la discipline sur la terre natale de certains de ses plus illustres champions”.
“Nairobi attend le monde les bras grands ouverts”, s’enthousiasme également le quotidien The Standard, en rendant hommage aux fans locaux, habitués à suivre la compétition “tard le soir et aux premières heures du matin”. Car si le Kenya est une nation de champions, il est aussi le cœur battant d’une foule de supporteurs passionnés, comme l’a montrée l’organisation des championnats du monde des moins de 18 et 20 ans en 2017 et en 2021.
Drames
“En 2017, le Centre sportif international Moi, à Kasarani, bondé, a fait naître des rêves chez les jeunes lors des championnats du monde des moins de 18 ans, alors que des milliers de supporteurs transformaient le stade en l’une des enceintes d’athlétisme les plus vibrantes que la discipline ait jamais connues”, se souvient The Star.
Pour le pays, l’annonce est également une bouffée d’air, car l’athlétisme kényan a été endeuillé par de nombreux drames ces dernières années. Sur les hauts plateaux, à Iten, la “citadelle des stars” où s’entraînent les athlètes du pays, les morts d’Agnès Tirop, Edith Muthoni ou encore Damaris Muthee Mutua, présumées tombées sous les coups de compagnons faisant parfois aussi office d’entraîneurs, ont profondément marqué l’opinion. En février 2024, le pays est également choqué par la mort du jeune marathonien Kelvin Kiptum, à 24 ans, dans un accident de voiture.
Mais l’annonce de l’attribution des Mondiaux d’athlétisme 2029 à Nairobi ne fait pas tout à fait l’unanimité. “Le Kenya a un problème avec le dopage. Pourquoi s’est-il vu attribuer les championnats du monde d’athlétisme ?” interroge le quotidien britannique The Independent, qui rappelle que 148 athlètes kényans sont actuellement sanctionnés pour dopage.
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