On ne met pas tous ses œufs dans le même panier. A fortiori s’ils sont en or. Beaucoup de grands argentiers entreposent leur réserve de métal précieux dans plusieurs pays. Pendant et après la seconde guerre mondiale, en particulier, les Européens avaient expédié aux Etats-Unis de l’or en grandes quantités afin de le mettre à l’abri. Face à la fiabilité incertaine de cet allié depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les banques centrales européennes en tirent les conséquences : elles votent avec leurs lingots.
La banque centrale néerlandaise, la DNB, a annoncé, mercredi 2 septembre, avoir transféré vers Londres, entre mars et août, 86 tonnes d’or sur les 313 stockées au Canada et surtout aux Etats-Unis. Objectif de la DNB, « diversifier les risques » grâce à une « répartition plus équilibrée » entre l’Amérique du Nord, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
La City étant, en outre, le premier marché mondial de l’or physique, ces réserves pourraient être mobilisées « plus facilement en cas de crise ». Les sous-sols de Manhattan conservent désormais 18,5 % des lingots néerlandais (contre 31,3 % auparavant). Londres, de son côté, abrite non plus 18 % de l’or des Pays-Bas, mais 32,1 %. Un renversement complet.
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