Le ministère polonais des affaires étrangères a annoncé, jeudi 21 mai, qu’il souhaitait déclarer le ministre de la sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir, persona non grata en Pologne « en raison de son comportement » après l’arrestation de membres de la flottille pour Gaza, et la diffusion d’une vidéo les montrant agenouillés, les mains liées et le front contre le sol.
« Le ministre [Radoslaw] Sikorski a pris la décision de s’adresser au ministère de l’intérieur avec une demande visant à interdire au ministre Ben Gvir d’entrer sur le territoire de la République [de Pologne] en raison de son comportement », a déclaré à la presse son porte-parole, Maciej Wewior.
Plus tôt dans la matinée, le ministère a convoqué le chargé d’affaires israélien à Varsovie pour exiger des « excuses » après l’arrestation de membres de la flottille pour Gaza, parmi lesquels se trouvait deux Polonais. « J’ai ordonné la convocation sans délai du chargé d’affaires d’Israël à Varsovie afin de lui transmettre l’expression de notre indignation ainsi que la demande d’excuses pour le comportement extrêmement inapproprié d’un membre du gouvernement israélien », a indiqué le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, sur son compte X.
« Clarification urgente »
M. Wewior a indiqué que les deux citoyens polonais, membres de la flottille pour Gaza, ainsi que ceux d’autres nationalités, venaient d’être libérés de la prison israélienne. Le ministère des affaires étrangères israélien a annoncé jeudi, par ailleurs, avoir expulsé les militants étrangers de la flottille pour Gaza interpellés en mer. Cette interception a été effectuée « dans des eaux internationales », et « la Pologne attend une clarification urgente de l’ensemble des circonstances de l’opération », a déclaré M. Sikorski.
L’Italie, de son côté, a demandé jeudi à l’Union européenne d’imposer des sanctions au ministre israélien d’extrême droite Itamar Ben Gvir après la publication de la vidéo. Le ministre des affaires étrangères italien, Antonio Tajani, a déclaré sur X qu’il avait demandé des sanctions contre M. Ben Gvir « pour les actes inacceptables commis contre la flottille, avec la capture des militants en eaux internationales et le harcèlement et les humiliations auxquels ils ont été soumis, en violation des droits humains les plus fondamentaux ».