La pression fiscale pousse les hauts revenus à déménager. Cet argument est souvent brandi pour alléger la taxation des super-riches, de crainte de voir leurs capitaux s’échapper. Mais qu’en est-il vraiment ? Aux États-Unis, le site Kiplinger documente les conséquences économiques de ces mouvements : selon l’Internal Revenue Service (IRS), l’administration fiscale, la Californie a perdu 11,9 milliards de dollars de revenus imposables en un an et New York 9,9 milliards, au profit de la Floride (+ 20,6 milliards) et du Texas (+ 5,5 milliards). La Floride et le Texas sont parmi les États qui n’imposent pas les revenus. On le voit, “des milliards de dollars de revenus quittent les États à forte imposition pour se diriger vers des régions où les impôts, et souvent le coût de la vie global, sont plus faibles”. Mais si les ménages les plus aisés partent, ce n’est pas uniquement en raison de la fiscalité. Le coût du logement et les possibilités de télétravail jouent aussi beaucoup.

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Le mensuel libertarien Reason illustre le revers politique de cette situation. À Seattle, la maire socialiste, Katie Wilson, répond aux départs de Jeff Bezos, de Starbucks et de Fisher Investments d’un “Bye !” souriant. À Washington, le gouverneur démocrate Bob Ferguson a instauré une “taxe sur les millionnaires” : tous les revenus de plus de 1 million de dollars sont imposés à 9,9 %.

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Le Boston Globe tient à nuancer ce tableau. Dans le Massachusetts, la taxe sur les millionnaires rapporte 3,7 milliards cette année, au-delà des projections ; ce sont surtout les 26-35 ans, écrasés par le coût du logement, qui partent, pas les riches. “Des recettes fiscales importantes permises par la taxation des plus riches ne résoudront pas les problèmes du Massachusetts. Se satisfaire de cette taxe pour ne pas reporter la réduction des dépenses publiques, qui font grimper les impôts et accélèrent la détérioration de la compétitivité de l’État, ne fera que nous enfoncer davantage”, écrit, dans les pages du quotidien, Charles Chieppo, chercheur au Pioneer Institute, un groupe de réflexion sur les politiques publiques.

En France, pays qui n’est pas une république fédérale, les plus riches déménagent à l’étranger. Bloomberg confirme la même anxiété : 44 % de 928 familles fortunées interrogées par l’Affo (l’association française des bureaux de gestion patrimoniale) envisagent l’expatriation, la fiscalité étant jugée “imprévisible”, notamment dans un contexte électoral et après les débats sur la taxe Zucman. Cela aura pour conséquence un manque d’investissements en France.

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