Plusieurs milliers de personnes ont manifesté, samedi 10 octobre, à Londres pour réclamer l’arrêt des frappes israéliennes sur la bande de Gaza, trois ans après le début de la guerre entre l’Etat hébreu et le Hamas déclenchée par l’attaque meurtrière du mouvement islamiste palestinien dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
« Nous sommes ici pour marquer trois ans d’un génocide en cours à Gaza et parce que, même si le gouvernement [britannique] a pris des sanctions contre la colonisation [israélienne en Cisjordanie], cela est loin de répondre à l’appel des centaines de milliers de personnes qui demandent des sanctions totales contre Israël », a expliqué à l’Agence France-Presse Aimee Shalan, directrice du mouvement Palestine Solidarity Campaign, organisateur de cette manifestation. Elle se déroule un an après le cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hamas, mais dont les promesses ont été largement non tenues, les frappes sur l’enclave palestinienne se poursuivant à un rythme quasi quotidien.
Durant la marche, organisée sous haute surveillance policière, les manifestants ont repris les chants « Free, Free Palestine » (« Libérez, libérez la Palestine ») ou « Occupation Is a Crime » (« L’occupation est un crime »). Certains brandissaient des pancartes sur lesquelles était écrit « Sanctionnez Israël maintenant » ou « Ce n’est pas un crime d’agir contre un génocide ».
La Metropolitan Police de Londres a dit sur X avoir arrêté « plusieurs personnes » dans la manifestation, dont « un homme et une femme avec des pancartes affichant leur soutien à l’organisation interdite Palestine Action ». Ce groupe a été classé l’an dernier comme « terroriste » par le précédent gouvernement travailliste, et, depuis, la police a interpellé plus de 3 000 personnes lors de manifestations en soutien au mouvement.
Un contre-rassemblement pro-Israël, qui a réuni plusieurs dizaines de personnes, était également organisé samedi près du siège de Scotland Yard.
Plus de 74 200 morts dans la bande de Gaza
L’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 avait entraîné la mort de 1 221 personnes en Israël. L’offensive israélienne de représailles a depuis fait plus de 74 200 morts dans la bande de Gaza, selon le ministère de la santé du territoire palestinien placé sous l’autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.
De nombreux pays, de grandes ONG de défense des droits humains et des experts de l’ONU estiment qu’Israël a commis un génocide à Gaza, ce qu’Israël dément avec force.
Le territoire palestinien est aujourd’hui dévasté. Quelque 1,4 million de Palestiniens, sur 2,1 millions d’habitants, y « sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë » et 200 000 d’entre eux frôlent le seuil de la famine, selon le Programme alimentaire mondial.