Docteur en histoire, chargé de recherche au CNRS, hébergé à l’Ecole des hautes études en santé publique (laboratoire Arènes), Gildas Brégain a dirigé, avec les historiens Ninon Dubourg et Fabrice Bertin, Histoires des handicaps à travers les siècles (Presses universitaires de Rennes, 332 pages, 25 euros). Cet ouvrage dense regroupe des articles d’une trentaine d’universitaires et historiens sur la représentation des infirmités dans l’Egypte antique, le quotidien dans une maladrerie au Moyen-Age, l’expérience de Thérèse de Carthagène – femme lettrée sourde du XVe siècle –, la structuration associative des tuberculeux en sanatorium… Une diversité d’éclairages sur l’évolution de la place accordée selon les époques aux personnes en situation de handicap.
Pourquoi avoir choisi d’étudier l’histoire du handicap ?
Au départ, j’ai fait un mémoire de master sur les émigrés syriens et libanais en Amérique du Sud. Pour poursuivre en thèse, j’ai passé les concours de l’enseignement. Comme je suis atteint d’une spondylarthrite ankylosante, qui me faisait à l’époque très mal au dos, j’ai demandé à modifier mon groupe d’examen pour être dans une salle avec un siège décent, mais le rectorat me l’a refusé et m’a interpellé sur mon absence de statut de travailleur handicapé. A l’époque, je me considérais comme un étudiant ayant une maladie chronique, pas handicapé. Cette discrimination du rectorat a eu lieu en mars 2008, en même temps qu’une manifestation du mouvement interassociatif Ni pauvres, ni soumis pour demander l’augmentation de l’allocation aux adultes handicapés, m’a convaincu de réaliser une thèse sur les mobilisations politiques pour les droits des personnes handicapées.
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