Qu’un musulman devienne maire de New York était un événement historique. L’élection de Zohran Mamdani, né en Ouganda et d’origine indienne, marié à Rama Duwaji, dessinatrice d’origine syrienne, a été un moment fort de communion pour nombre d’enfants d’immigrés issus de la région Swana (South West Asia and North Africa). Cet acronyme est utilisé en anglais pour désigner les pays allant de l’Afrique du Nord à l’Asie du Sud-Ouest. Car le couple incarne parfaitement cette “nouvelle génération d’artistes, de chefs cuisiniers, d’humoristes, de designers et autres qui ont construit un capital culturel et politique sans précédent”, écrit le New York Magazine.

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Avec une pointe d’humour, le magazine a rebaptisé New York “Habibi City” dans sa une du 10 août. Le numéro est consacré à l’effervescence et aux changements culturels et politiques portés par ces diasporas, dans une ville où l’islamophobie et la xénophobie à leur égard ont progressé après le 11 septembre 2001.

Des valeurs communes

Mais “alors que nos diasporas semblaient autrefois cloisonnées, la nouvelle scène Swana est de plus en plus unie par-delà les identités – irakienne, yéménite, égyptienne, soudanaise, mauritanienne, afghane – et liée par des valeurs communes”, note la journaliste Zaina Arafat dans l’article principal. Elle s’est même étendue à d’autres communautés d’Asie du Sud-Est, dont est issu Zohran Mamdani. Et l’acronyme “Swana” est de plus en plus utilisé ces dernières années à la place de “Wana” (West Asia and North Africa) pour inclure toute l’Asie du Sud.

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“Ce mouvement est né de la douleur du génocide à Gaza, qui a poussé de nombreux jeunes à chercher du réconfort en ville et à construire une communauté là où elle n’existait pas. Ils l’ont trouvée lors de manifestations, dans les bars et les cafés, lors de spectacles d’humour, de ventes éphémères de vêtements et de collectes de fonds qui se sont transformées en journées entières passées ensemble”, ajoute la journaliste. Elle cite des lieux emblématiques comme le Barzakh Café, qui accueille concerts et levées de fonds, des restaurants et des clubs de lecture et de langue ou encore des collectifs de DJ organisant des soirées.

Sortir d’une image binaire

La création de séries racontant l’expérience réelle des Arabes-Américains comme Rami ou Mo, a aussi contribué à déstigmatiser ces communautés. D’autant qu’elles témoignaient d’un intérêt nouveau d’Hollywood, alors que ces communautés n’entraient plus tout à fait dans “la dichotomie méchant-victime aux yeux des Américains libéraux”. En particulier depuis que le Donald Trump les a spécifiquement ciblés dans son premier mandat, avec notamment des interdictions d’entrée sur le territoire dès 2017 pour les ressortissants issus de certains pays de la région.

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Par le biais de six articles, le magazine explore diverses facettes de cette nouvelle dynamique culturelle, de sa scène gastronomique et nocturne au stand-up, tout en retraçant l’histoire des premiers restaurateurs arabes de la ville, arrivés dès la fin du XIXe siècle du Liban, de la Syrie et de la Palestine.

Si les différends entre ces communautés peuvent exister, l’acronyme “Swana” reste néanmoins “un moyen d’unir des personnes dont la vie a été marquée par la politique étrangère américaine dans la région”.