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Haïti | 13 DÉCEMBRE — Après les propos escamotés de l’ambassadeur Michon : l’Europe viendra-t-elle observer un référendum que la Commission de Venise avait déconseillé ?

PORT-AU-PRINCE — Antoine Michon quitte Haïti avec une phrase qui dérange : « les conditions ne sont pas réunies pour organiser les élections cette année », selon plusieurs médias ayant rapporté son intervention du 28 août. Puis son discours disparaît de la version officielle republiée

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30 août 2026
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Haïti | 13 DÉCEMBRE — Après les propos escamotés de l’ambassadeur Michon : l’Europe viendra-t-elle observer un référendum que la Commission de Venise avait déconseillé ?

  • by Rezo Nodwes
  • 30 août 2026
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PORT-AU-PRINCE — Antoine Michon quitte Haïti avec une phrase qui dérange : « les conditions ne sont pas réunies pour organiser les élections cette année », selon plusieurs médias ayant rapporté son intervention du 28 août.

Puis son discours disparaît de la version officielle republiée par le gouvernement de doublure. La suppression de cette séquence dépasse le simple incident de diffusion. Si l’ambassadeur de France considère que les conditions électorales ne sont pas réunies, que viendrait exactement observer l’Europe le 13 décembre ?

Une élection ? Un référendum ? Ou les deux, malgré les objections déjà formulées sur la sécurité et sur le cadre constitutionnel ? La Commission de Venise avait pourtant averti les autorités haïtiennes bien avant cette sortie de Michon.

Son avis de décembre 2024 indiquait qu’aucune élection ni aucun référendum ne devait être envisagé tant qu’un niveau approprié de sécurité n’était pas rétabli en Haïti.

En juin 2025, elle reprenait encore cette exigence. La Commission constatait une situation sécuritaire dégradée et rappelait qu’un processus électoral ou référendaire exigeait la libre circulation, la protection des électeurs, des candidats, du personnel électoral et des observateurs.

Autrement dit : pas de sécurité, pas de consultation crédible.

Un an plus tard, les gangs contrôlent encore des territoires, les déplacements de population se poursuivent et plusieurs axes restent exposés à l’insécurité. Le massacre de Kenscoff a encore rappelé que la normalité institutionnelle proclamée par le pouvoir ne correspond pas nécessairement à la réalité vécue sur le terrain.

C’est là que les propos attribués à Michon prennent toute leur portée. Ils ne constituent pas seulement une réserve diplomatique. Ils rejoignent directement le constat antérieur de la Commission de Venise. Mais le dossier haïtien contient une autre difficulté, plus profonde encore.

L’article 284-3 de la Constitution de 1987 interdit formellement toute consultation populaire visant à modifier la Constitution par référendum.

Cette disposition n’a pas disparu. Elle ne peut être neutralisée par une résolution politique, par une décision administrative ou par la présence de délégations étrangères.

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