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Haïti : Capitaliser sur le potentiel économique du pays malgré les défis structurels majeurs

La Banque mondiale a publié ce lundi un nouveau rapport sur la situation économique d’Haïti intitulé « Haiti – Trajectoire de croissance face à des risques accrues », qui dresse un état des lieux approfondi des performances et des perspectives du pays. Alors que les résultats économiqu

Haïti : Capitaliser sur le potentiel économique du pays malgré les défis structurels majeurs
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15 septembre 2026
Haïti : Capitaliser sur le potentiel économique du pays malgré les défis structurels majeurs
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Haïti : Capitaliser sur le potentiel économique du pays malgré les défis structurels majeurs

  • by Rezo Nodwes
  • 15 septembre 2026
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La Banque mondiale a publié ce lundi un nouveau rapport sur la situation économique d’Haïti intitulé « Haiti – Trajectoire de croissance face à des risques accrues », qui dresse un état des lieux approfondi des performances et des perspectives du pays. Alors que les résultats économiques récents restent préoccupants, avec sept années consécutives de croissance économique négative jusqu’à 2025, le rapport souligne qu’Haïti conserve des atouts réels sur lesquels bâtir un relèvement durable, à condition de s’attaquer résolument à des défis structurels.

Les performances économiques d’Haïti ont été décevantes au cours des deux dernières décennies. Entre 2010 et 2025, le PIB réel par habitant a chuté d’environ 17 pour cent. En 2023, le PIB par habitant s’établissait à 3 281 dollars en parité de pouvoir d’achat, représentant à peine 15 pour cent de la moyenne régionale de l’Amérique latine et des Caraïbes, soit le niveau le plus faible de la région. La pauvreté, déjà élevée, continue de progresser. Le rapport estime que 49,0 pour cent des Haïtiens vivaient en deçà du seuil de pauvreté international de 3,00 dollars par jour en 2025, contre 44,6 pour cent en 2023, et ce taux devrait continuer d’augmenter jusqu’en 2026 (en PPA 2021).

Pourtant, ces sous-performances ne doivent pas occulter le potentiel substantiel du pays. Parmi ceux-ci, le rapport souligne la main-d’œuvre jeune, croissante et compétitive dont dispose Haiti, et d’une position géographique avantageuse à proximité de grands marchés. La diaspora constitue une force économique de premier plan. En effet, les transferts de fonds ont atteint un niveau record de 4,4 milliards de dollars au cours de l’exercice 2025, représentant la principale source de devises du pays. Le secteur agricole, par ailleurs, renferme un fort potentiel dans des cultures d’exportation à haute valeur ajoutée telles que le cacao, le vétiver, la mangue et le café. Toutefois, le rapport révèle que ce secteur qui emploie près de la moitié de la population active reçoit moins de 1 pour cent du crédit formel.

« Si la sécurité constitue une condition préalable à la reprise économique, Haïti devra également mettre en œuvre, dans le même temps, des politiques pour relever les défis émergents : création d’emplois, migration, volatilité des flux de transferts de fonds et amélioration de l’accès aux marchés pour ses exportations », a dit Anne-Lucie Lefebvre, Responsable des opérations de la B anque mondiale en Haïti« La Banque mondiale est prête à accompagner le pays afin de mobiliser des ressources supplémentaires susceptibles de soutenir la croissance économique, et approfondir des partenariats internationaux en mettant en œuvre des réformes visant à renforcer les institutions. »

Pour y parvenir, le rapport identifie quatre défis économiques majeurs auxquels Haïti devra apporter des réponses concrètes dans le cadre de son plan de relèvement. Premièrement, la création d’emplois pour la croissance et la sécurité. Le manque d’opportunités économiques, notamment pour les jeunes, a alimenté l’insécurité. Le conflit a déplacé près de 1,5 million de personnes à l’intérieur du pays, perturbant la logistique, entretenant l’inflation et limitant la prestation de services essentiels. Sans une réponse structurelle à la question de l’emploi, l’économie haïtienne risque une fragmentation durable entre des zones sous contrôle et des territoires isolés de la croissance.

Ensuite, la gestion du retour des personnes déplacées internes, estimées à environ 12% de la population du pays. S’y ajoutent des flux massifs d’expulsions depuis la République dominicaine, dépassant 25 000 personnes en mai 2026, ainsi que l’incertitude pesant sur le sort d’environ 350 000 Haïtiens bénéficiaires du Statut de protection temporaire aux États-Unis. Ces dynamiques migratoires risquent de submerger les systèmes de prestation de services. Une gestion renforcée de ces flux peut toutefois transformer ce défi en opportunité, en mobilisant les compétences des personnes de retour au service du relèvement économique.

Troisièmement, faire face à l’instabilité des flux de transferts de fonds. Avec 79 pour cent des transferts de fonds provenant des États-Unis au cours de l’exercice 2025, Haïti est fortement exposé aux changements de politique américaine. Une taxe d’accise de 1 pour cent sur les transferts financés en espèces est entrée en vigueur en janvier 2026. Toute baisse des flux migratoires sortants, combinée à une hausse des retours, pourrait exercer une pression significative sur les entrées de devises et fragiliser davantage l’économie.

Enfin, le pays doit renouveler et élargir son accès aux marchés commerciaux. La législation HOPE/HELP, qui accordait au secteur textile haïtien un accès en franchise de droits au marché américain, a expiré le 30 septembre 2025. Après quatre mois d’application de droits de douane pleins, une prolongation rétroactive a été adoptée en février 2026, mais elle expire à son tour le 31 décembre 2026. Sécuriser un accès préférentiel à plus long terme, tout en identifiant de nouveaux débouchés commerciaux, est indispensable pour maintenir la base industrielle restante du secteur textile et de l’habillement.

« Pour reprendre la trajectoire de croissance en dépit des risques accrus qui caractérisent le contexte économique actuel, Haiti doit mettre en place des réformes macro budgétaires et de gouvernance qui porteront leurs fruits quel que soit le scénario sécuritaire ; un programme d’investissement chiffré dans les corridors du Nord et du Sud, qui peut être mis en œuvre dès maintenant ; et enfin garantir la reconnexion de la capitale, qui constitue le défi le plus difficile et la contrainte la plus forte à court terme », a dit Bernard James Haven, économiste senior de la Banque mondiale en Haiti.

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