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Haïti | « Le secteur privé le plus minable du monde » : Josué Renaud accuse les faiseurs de pouvoir

PORT-AU-PRINCE/NEW YORK — Ils réclament des élections, interpellent les gouvernants et parlent de bonne gouvernance. Mais les milieux d’affaires haïtiens peuvent-ils sérieusement se présenter en arbitres d’un système politique auquel ils participent depuis des années ? Le Dr Josué Rena

Haïti | « Le secteur privé le plus minable du monde » : Josué Renaud accuse les faiseurs de pouvoir
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24 septembre 2026
Haïti | « Le secteur privé le plus minable du monde » : Josué Renaud accuse les faiseurs de pouvoir
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Haïti | « Le secteur privé le plus minable du monde » : Josué Renaud accuse les faiseurs de pouvoir

  • by Rezo Nodwes
  • 24 septembre 2026
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PORT-AU-PRINCE/NEW YORK — Ils réclament des élections, interpellent les gouvernants et parlent de bonne gouvernance. Mais les milieux d’affaires haïtiens peuvent-ils sérieusement se présenter en arbitres d’un système politique auquel ils participent depuis des années ?

Le Dr Josué Renaud, directeur exécutif de la New England Human Rights Organization (NEHRO), les attaque frontalement. Haïti aurait, selon ses propres termes, le secteur privé « le plus minable du monde ».

Son réquisitoire tient en une accusation : les grandes fortunes seraient beaucoup plus visibles autour du pouvoir que dans la transformation sociale du pays. « Ils font leur beurre » dans l’administration publique, accuse Renaud.

Ministres, Premiers ministres, présidents : les élites économiques sont régulièrement accusées de participer aux tractations qui font et défont les pouvoirs. Mais où sont leurs grandes universités de recherche ? Leurs centres hospitaliers de référence ? Leurs complexes sportifs ? Leurs investissements scientifiques ?

Une entreprise n’est évidemment pas constitutionnellement chargée de remplacer l’État. Mais celui qui revendique une influence sur la conduite des affaires publiques s’expose nécessairement à une exigence supérieure de transparence et de responsabilité.

C’est ici que le dossier devient juridico-politique. Le pouvoir économique peut défendre des intérêts particuliers ; la puissance publique demeure tenue par l’intérêt général. La confusion entre les deux ouvre mécaniquement le débat sur les conflits d’intérêts, le financement politique et la captation éventuelle de la décision publique.

Renaud formule des accusations plus graves encore : corruption, impunité, financement de ruptures politiques et connexions avec l’armement des gangs. Juridiquement, de telles imputations exigent des faits individualisés, des preuves recevables et, le cas échéant, une procédure judiciaire contradictoire.

Mais la question reste légitime sur le terrain institutionnel : qui finance réellement la politique haïtienne ? Qui finance les campagnes, les alliances et les renversements d’alliances ? Qui bénéficie économiquement des décisions prises ensuite par ceux qui gouvernent ?

Après des décennies d’influence politique prêtée aux grandes familles économiques, Haïti demeure confrontée à une pauvreté massive, à l’effondrement des services publics et à l’emprise territoriale des groupes armés. Ce bilan interdit au pouvoir économique de s’installer confortablement dans le fauteuil du procureur sans accepter, lui aussi, celui de l’interrogatoire.

Et si les mêmes forces contribuent à fabriquer les gouvernements avant de dénoncer leur incapacité, qui doit rendre des comptes à qui ? Peut-on choisir les acteurs, peser sur les institutions, profiter de l’État, puis expliquer que l’échec appartient exclusivement aux politiques ?

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