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Haïti | « Stop the money flow to Organised Crime » : Sanders cible les circuits financiers des gangs — 1 254 alertes, 19 dossiers, zéro condamnation

Haiti – Stop the money flow to Organised Crime PORT-AU-PRINCE — Les gangs qui imposent leur autorité sur une partie du territoire haïtien ne vivent pas seulement de fusils et de munitions. Derrière les hommes armés se trouvent des circuits financiers, des opérations commerciales, des interm

Haïti | « Stop the money flow to Organised Crime » : Sanders cible les circuits financiers des gangs — 1 254 alertes, 19 dossiers, zéro condamnation
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16 août 2026
Haïti | « Stop the money flow to Organised Crime » : Sanders cible les circuits financiers des gangs — 1 254 alertes, 19 dossiers, zéro condamnation
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Haïti | « Stop the money flow to Organised Crime » : Sanders cible les circuits financiers des gangs — 1 254 alertes, 19 dossiers, zéro condamnation

  • by Rezo Nodwes
  • 16 août 2026
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Haiti – Stop the money flow to Organised Crime

PORT-AU-PRINCE — Les gangs qui imposent leur autorité sur une partie du territoire haïtien ne vivent pas seulement de fusils et de munitions. Derrière les hommes armés se trouvent des circuits financiers, des opérations commerciales, des intermédiaires, des filières d’approvisionnement et des mécanismes de blanchiment qu’il faut désormais attaquer avec la même détermination que les positions occupées par les groupes criminels, soutient Sir Ronald Sanders, ambassadeur d’Antigua-et-Barbuda auprès de l’Organisation des États américains (OEA).

Publié le 15 août sous le titre Haiti – Stop the money flow to Organised Crime, son texte s’appuie largement sur le dernier rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Sanders défend une approche selon laquelle la reconquête territoriale demeurera fragile tant que les personnes qui financent, approvisionnent, transportent ou protègent les gangs ne seront pas identifiées, poursuivies et, lorsque les éléments de preuve le permettent, sanctionnées.

Les chiffres exposent une faiblesse majeure du dispositif haïtien. Entre 2019 et 2024, l’Unité centrale de renseignements financiers a reçu 1 254 déclarations d’opérations suspectes. Seulement 19 dossiers ont été transmis aux autorités judiciaires et aucune condamnation n’a été enregistrée à partir de ces transmissions, selon le rapport S/2026/578 de l’ONUDC. L’agence onusienne considère que la transformation du renseignement financier en résultats judiciaires demeure l’une des déficiences les plus importantes du système.

La proportion est particulièrement faible : les 19 dossiers représentent environ 1,5 % des 1 254 signalements enregistrés sur cette période. Le constat ne signifie pas que les 1 235 autres déclarations constituaient nécessairement des infractions pénales — une déclaration d’opération suspecte n’est pas, juridiquement, une preuve de culpabilité — mais l’écart donne la mesure des difficultés rencontrées pour transformer les alertes financières en enquêtes susceptibles d’être judiciarisées.

L’évaluation nationale des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, présentée par Haïti le 11 mars 2026, classe pourtant le trafic d’armes, les enlèvements contre rançon, la corruption et la contrebande parmi les menaces de niveau « très élevé ». Le contrôle antiblanchiment demeure également faible dans certains secteurs, notamment l’immobilier et les jeux d’argent. L’Office chargé de la gestion des avoirs saisis et confisqués n’était toujours pas opérationnel au moment du rapport, faute de loi organique définissant son organisation et son fonctionnement.

L’économie des gangs s’est parallèlement diversifiée. L’ONUDC décrit un système reposant sur le trafic d’armes et de stupéfiants, l’extorsion, la corruption, le blanchiment, la traite des personnes et le trafic de migrants. Le contrôle d’un port, d’une route ou d’un terminal permet ainsi aux groupes armés de transformer la domination territoriale en revenus réguliers. Un précédent rapport du Groupe d’experts de l’ONU avait documenté des paiements de 15 000 à 30 000 gourdes par conteneur, tandis qu’un seul gang pouvait tirer au moins 22 000 dollars par jour de l’extorsion liée à l’accès portuaire.

Cette économie explique pourquoi Monica Juma, directrice exécutive de l’ONUDC, a averti le Conseil de sécurité le 20 juillet que la crise haïtienne ne pouvait plus être interprétée uniquement comme une crise sécuritaire. Selon elle, les groupes armés cherchent désormais à contrôler les « systèmes de gouvernance » et les circuits économiques indispensables à la population : corridors de transport, approvisionnement en carburant, distribution alimentaire et marchés illicites. Elle a décrit une crise de gouvernance alimentée par le crime organisé.

Pour Juma, la conséquence est directe : démanteler un gang sans détruire l’économie criminelle qui le finance ne produit qu’un résultat temporaire. Si les marchés illicites restent intacts, a-t-elle expliqué devant le Conseil de sécurité, les organisations supprimées peuvent être remplacées. L’ONUDC recommande donc simultanément des enquêtes financières, l’interruption des revenus clandestins, la lutte contre la corruption, un meilleur contrôle des frontières et une coopération régionale accrue.

L’approvisionnement en armes constitue l’autre versant du problème. L’ONUDC identifie le corridor États-Unis–Haïti comme la principale filière extérieure illicite documentée, notamment à travers le fret maritime. Le 13 janvier, deux interceptions effectuées dans un terminal du nord d’Haïti ont permis de saisir trois armes et 1 800 cartouches de 9 mm, puis neuf pistolets et 5 500 cartouches de calibre 7,62 × 39 mm. Une autre cargaison d’origine américaine avait été interceptée en République dominicaine en 2025 avec des fusils, des armes de poing et plus de 36 000 cartouches, dans une affaire ayant ensuite donné lieu à des procédures judiciaires aux États-Unis.

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